Présentation des Nouveaux Bovary devant les Nouveaux Bovary…

Moment intéressant aujourd’hui où je présentais mon ouvrage « Les Nouveaux Bovary » devant une cinquantaine d’étudiants du Celsa de cette génération.

Ils adhèrent à la photo, à l’esprit et se reconnaissant plutôt bien dans le portrait que j’ai dressé d’eux dans cet essai.

Cependant, un point critique vis à vis d’eux mêmes: ils se jugent insuffisamment  actifs face à l’avenir, à la société. Ils considèrent de ce fait que je leur ai fait la part trop belle, que je suis trop « généreux » sur cette génération en considérant qu’elle a une chance de faire bouger les choses, de créer, à côté du corps social actuel, une nouvelle société. A la manière d’un Ghandi ou d’un Mandella.

Le pacifisme n’est-il pas un des pilier de cette génération de la résilience?

C’est peut-être le signe être d’un optimisme chevillé au corps  et un peu d’expérience de la capacité humaine au mieux, (comme au pire).

Un mythologue retourne au Celsa. Prof ou consultant?

Un mythologue  reprend après trois ans d’interruption une conférence au Celsa où il avait enseigné une douzaine d’années. Ce mythologue, c’est moi.

Cela m’oblige à essayer de répondre à une question mille fois posée dans ma vie professionnelle: la différence entre les étudiants et les clients, professionnels du marketing et de la communication, directions générales, marketing stratégique…
Jusque là, j’étais dans le mouvement et tout s’enchaînait sans trop faire de distinguo. En reprenant ce cours et en le préparant , je m’aperçois que je « stress » un peu. Un peu comme lors des interviews de journalistes.

Plus qu’avec les clients.

Un client a un problème à résoudre, un étudiant un avenir à préparer. C’est toute la différence. Comme entre une conférence de presse où les questions sont (étaient) préparées par avance et une autre où les journalistes poseraient toutes les questions qu’ils veulent, dans l’ordre où ils le souhaiteraient et dans la formulation la plus embarrassante possible.

Certes, le prof comme, celui qui fait sa conférence de presse libre, est censé bien connaître sa matière et pouvoir répondre à tout, quelqu’en soit l’ordre ou la formulation.
Mais dans les faits, un mythologue?

Suis-je certain d’avoir la réponse à certains questions comme: Apple, après la mort de Steve Jobs doit-elle changer de mythe? Sarkozy, quel mythe depuis qu’il n’est plus présidente et qu’il refuse d’endosser  le rôle de Zorro, le sauveur de l’UMP?

Un prof est un militant du savoir. Un consultant un soldat bien entraîné à une discipline particulière.

Alors, un consultant-prof? Un hybride.  Il paraît que dans l’automobile et ailleurs, les hybrides sont désormais « up to date ». Je savais que les mythes et les mythologues revenaient à la mode. C’est une bonne nouvelle!

 

Des parapluies jaunes pour les vieux seino-marins. Et s’il ne pleuvait pas?

La préfecture et le département de Haute Normandie se sont alliés pour offrir 300 parapluies jaunes à Rouen aux plus de 65 ans.

Belle initiative, a priori, de prévention routière.Sauver des vieux Normands des risques de la circulation automobile est, bien-sûr, louable.

Certains, sans doute mal intentionnés,  ont commencé à rouspéter qu’il n’y en n’avait  pas pour tout le monde, d’aucuns que la couleur jaune avait de mauvaises connotations, d’autres encore que cela risquait de ressembler à un uniforme…de vieux.

J’aimerais ajouter à ce catalogue une hypothèse, certes assez stupide concernant la Haute Normandie mais un mythologue sérieux se doit d’analyser les hypothèses les plus crédibles: et s’il ne pleuvait pas?

J’espère que le département a pensé à offrir des pantalons jaunes aux messieurs et des robes jaunes aux dames. Pour les tailles ce sera plus complexe que les parapluies, mais s’il le faut…certes. Car même à Dieppe, il ne pleut pas plus de 129 ,jours par an. Il reste donc plus de 230 jours…sans parapluies.

A vouloir tout prévoir, on finit par ne rien prévoir et à vouloir se protéger contre  de la pluie, on risque de ne pas se protéger du ridicule! Certes, le ridicule mouille moins que la pluie mais, on disait autrefois qu’il tue plus. Surtout les personnes âgées pour qui la réputation de leur région veut encore dire quelque chose.

L’empire romain a succombé d’avoir manqué de légèreté face aux assaillants « barbares ». Leur « impedimenta », le barda du soldat était devenu trop lourd. ne commettons pas la même erreur. Les pouvoirs publics veulent-ils nous offrir des chaussures  également jaunes aux semelles anti-dérapantes pour les jours de pluie et de verglas; ce serait pourtant bien utile. Et des couvre-chefs contre le soleil. même en Normandie, cela peut arriver…De quelle couleur?

Sans compter que  si l’on voulait insister sur le côté pluvieux et anti-touristique  de la Normandie, c’est plutôt gagné! Le Bretagne sur ce point  est définitivement vaincue!

N’a-t-on pas meilleur investissement à réaliser pour les 100 000 euros de l’opération en ces temps de chômage accru? Et laisser chacun se munir du parapluie de son choix même si on peut l’inciter à choisir une couleur visible.

Souhaitons que le bon sens existe encore. Il ne me semble pas être tout à fait relégué à l’état de mythe dont la seule réalité serait un souvenir lointain.

Le rire de Socrate et de Yue Minjun

Le plus difficile à interpréter a toujours été pour l’homme, non pas les larmes mais le rire. On connait le fameuse ironie socratique qui était la marque du plus sage des penseurs de la Grèce antique et depuis la marque des philosophes.

Il pointe les incohérences de ses interlocuteurs et de ce fait, remet en cause les préjugés les mieux ancrés.

Je regardais  hier au soir au JT de France2,  Yue Minjun, un reportage consacré au peintre chinois du rire. Un rire dupliqué  à l’infini. Le journaliste présentait une expo à la fondation Cartier (sans rire!) et interrogeait l’homme. Celui ci, Socrate des temps modernes, Socrate d’Asie courtois, souriait. il n’osait en rire.

De ce sourire socratique qui en dit long sur son arrière pensée qui dépasse les thématiques et les questions usées des dissidents et de l’art pour atteindre l’universel. Se rire et se moquer de soi et des autres pour éviter de quitter le monde, de déserter de la vie.

Et le journaliste était bien pantois devant cette énigme de l’art, cette énigme de l’homme…

« C’était lui plutôt que l’on eût pris pour la vierge de la veille… »Le mythologue et la noce qui tourne mal.

A la vue de tous ces personnages (des hommes surtout) de l’UMP, de l’Europe, des ministres après les assassinats, d’autres ministres après les drames sociaux…pérorant devant les caméras,me revient cette phrase du roman de Flaubert  Madame Bovary, rapide portrait de Charles le lendemain de la noce…

« C’était lui plutôt que l’on eût pris pour la vierge de la veille… »

Ils sont contents d’eux.

Ils semblent tous revenir d’une virginité  situationniste. Comme si rien ne s’était passé. comme si le monde se poursuivaient dans l’innocence de la création originelle.

Mais Emma, sa fiancée, sa femme « ne laissait rien découvrir  où l’on put deviner  quelque chose ». Or la fiancée, la femme de ces gens, c’est nous, le peuple.

Ils sont à la noce devant les caméras et nous désolés. nous ne jouissons pas de ce spectacle qui nous ennuie et nous laisse frigides. Le peuple en français est de genre masculin. Il devrait être, comme dans d’autres langues, plus réalistes de genre féminin.

Lorsque les lendemains de noces sont tristes, le mythologue se souvient alors de  toutes ces noces qui ont mal tourné. A commencer par celle d’Hélène qui conduisit à la guerre de Troie.Le mythe de la guerre de Troie n’a pas fini de nous hanter.

 

Aude de Thuin, les restos du coeur, wikipédia et facebook…Le partage n’est pas un mythe.

Influencia donne ce lundi la parole à Aude de Thuin, grande prêtresse de l’entreprenariat  au féminin sur le thème du bonheur.
Ce que dit Aude est bien sûr exact.  l’aspect individuel, le rôle du collectif…

Elle nous rappelle  que « le bonheur ne prend pas le même sens pour tous, ni la même forme. Ainsi, la pilule du bonheur n’existe pas et n’existera jamais car le bonheur est une histoire individuelle. On peut être dans l’illusion du bonheur grâce aux plaisirs que procurent l’argent, le pouvoir, les drogues, etc., mais le vrai bonheur est ailleurs. Il est dans une relation apaisée avec soi et dans des relations aimantes aux autres, dans une profonde sensation de sérénité et d’accomplissement personnel. Le bonheur est une affaire personnelle, mais aussi collective. » . Elle fait aussi appel au mythe de l’indice du « Bonheur National Brut », rêve de mettre en équation les paramètres humains les plus intimes.

A même moment, Les Restos du coeur ouvrent, une fois de plus et les témoignages révèlent deux faces d’un même bonheur, celui de donner, de s’investir et celui de recevoir de l’humanité ce dont on a besoin. comme la reconnaissance réciproque  d’une communauté partagée au delà des apparences.

Cette action de partage, entre autres des connaissances, de l’encyclopédie humaine à l’essence de la naissance de Wikipédia me fait toujours un plaisir énorme.

C’est dans l’action et la rencontre que cela se passe; les uns écrivent, d’autres corrigent, les uns donnent du temps, d’autres les rencontrent.

Les réseaux sociaux nous ont réappris à partager, notre vie, des photos, des informations, des textes, des sentiments…
Chacun replié sur lui-même avait pu oublier cette fonction humaine, cette générosité qui a permis à la communauté scientifique de faire progresser les choses, à la communauté esthétique de chercher des voies nouvelles, à la communauté humaine de comprendre qu’il n’y a qu’une seule race. Et que nous en faisons partie.

Lorsqu’il y a partage , il y a généralement bonheur. Petit ou grand. Ainsi les humains retrouvent leur humanité. C’est cette capacité au partage, quel qu’il soit qu’il faudrait pouvoir mesurer…

Une génération de « Wiki-Bovary » est en train de naître nous nos yeux, plus partageuse. Cette génération a le sentiment qu’en partageant mieux,  elle sera plus heureuse. Ce n’est sans doute pas une illusion de plus. Cela devrait déjà nous rendre heureux…
 

 

 

 

 

Sur le site du Monde.fr, le mythe du passé : propos d’un Grec « Le Pirée est un endroit historique. le monde entier devrait se prosterner en venant ici »

Avant de me mettre au travail, je regarde distraitement le monde.fr. du jour. Toujours cinq minutes de gagné avant d’affronter la page blanche de l’écrivain-mythologue! Et ce propos sur une vidéo. Ce Grec nous explique que le monde devrait cesser de chercher des querelles économiques aux Grecs car ils sont un peuple sacré.

Une situation  mythique peut-elle être une explication à une certaine inadaptation au monde contemporain? Les peuples qui portent des mythes, le poids d’un passé glorieux et révolu sont-ils entravés dans leurs mouvements contemporains?

C’est, en effet, souvent le sentiment qu’ils peuvent avoir, des Amérindiens aux hommes bleus du désert. Comme si la tradition freinait le pas. Comme si, comme nos châteaux forts,à jamais impossibles à reconstruire, il fallait transformer ces peuples en musées, les protéger à jamais.

Mais cette situation historique n’est pas universelle. D’autres peuples au passé glorieux s’en sortent bien dans ce qu’on pourrait appeler une certaine modernité. Et puis, à y bien réfléchir, tous les peuples, toutes les cultures sont nés d’une histoire originelle extraordinaire, d’un mythe fondateur qui a cimenté des gens ensemble,et pour longtemps.

Le mythe gaulois, anglais , hébraïque luttant contre Rome, le mythe américain de guerre d’indépendance contre les Britanniques sont-il moins glorieux que le mythe du Pirée luttant contre les anciens Perses? Civilisation contre civilisation.

Mythe contre mythe. cela ne tient pas! Il n’en reste pas moins vrai que Giscard d’Estaing qu’on a pas mal raillé là dessus a eu raison lorsqu’à propos de l’entrée de la Grèce (moderne) dans la zone euro, il s’exclama « on ne ferme pas la porte à Platon ». Les mythes de passé glorieux méritent d’être pris en compte. Sinon on ne comprendra jamais rien à la géopolitique.

Sans doute, ne faut-il pas oublier l’Histoire car elle forme une plaie toujours ouverte, mille, deux mille, cinq mille ans après  mais ne pas mélanger Histoire et Economie. La modernité est l’art de la séparation des différents règnes et enjeux: le politique, l’économique, l’historique, le religieux, le judiciaire…Ce n’est rien d’autre, mais ce n’est déjà pas si mal.

Histoire étymologiquement signifie « narration, enquête » et Economie « gestion domestique ». Les femmes, plus que les hommes savent que nourrir une famille au quotidien n’est pas seulement une affaire  de « storytelling ».

 

Celsa, Sciences Po Paris.Un match truqué? Mon mea culpa.

Intervenant au Celsa, j’ai eu le privilège de participer à plusieurs conseils d’administration pour donner mon avis sur la stratégie de « la marque Celsa ». Le président et la directrice, étaient très attentifs à une éthique de l’école fille de la Sorbonne, à une gestion des plus rigoureuses.

Nous avons été plusieurs, dont je fis partie, à le regretter un peu et à citer sciences Po paris comme le bon exemple à suivre. Sciences Po paris semblait réussir sur tous les fronts, son directeur  faisait la une de tous les magazines, et désormais, venait « chatouiller » Celsa sur la communication stratégique. Après avoir formé les élites de la fonction publique et de la classe politique, l’école de la rue Saint guillaume, s’attaquait aux élites du privé, chasse gradée du Celsa, dont l’objectif est depuis 50 ans d’apporter la compétences des littéraires au développement de l’économie.De permettre aux littéraires  de passer de la réflexion à la stratégie et à l’action.Car, généralement, ils font merveille, chez L’Oréal et ailleurs!

Au cours de ces conseils d’administration, les questions sur le budget revenaient sans cesse. Comment « les autres » font-ils?

Eh bien, ils ne tenaient aucunement compte des règles d’une gestion publique d’université.Le boss était payé dix fois plus que la directrice du Celsa, les profs (dont je faisais partie) également, Sciences Po Paris  aurait même, selon les dépêches AFP,  contracté des emprunts toxiques pour financer « sa » politique.

Cette stratégie du type « Credit lyonnais » qui mélange intérêt public et pratiques venues d’un capitalisme souvent mal compris, a rarement été  une réussite sur le long terme.

Le match Celsa/Sciences Po paris était truqué. Et c’est bien dommage. Le ver est dans le fruit, l’image de Sciences Po paris va en souffrir pour longtemps, l’absence prolongée de direction va peser sur son dynamisme. Il va falloir « redresser » les comptes.Désormais, en entretien d’embauche, un étudiant sera interrogé, les profs « achetés » très cher repartiront…

Mille excuses , mon vieux Celsa, d’avoir, un temps douté. Ta vertu est la garantie pour les étudiants, pour les enseignants, pour les employeurs, de têtes bien faites dans un esprit  parfaitement rigoureux et honnête. La base même d’un esprit qui tiendra toujours la distance.

Le mythologue sait que les mythes ne mentent pas et que celui de l’intérêt public fait partie du socle partagé de notre république.