Il paraît que monsieur Mazerolle s’énerve.Le mythe de l’inutile.

Je viens de lire, repris par mon ami Pascal Galinier que Monsieur Mazerolle s’est énervé d’avoir à commenter le carnaval de l’UMP.
N’est-il pas libre celui-là?

Qui l’empêche de traiter de vrais sujets et de dire tout haut qu’il commentera une situation stabilisée qui aura une portée politique et non un vaudeville avec des entrées, des sorties derrière des paravents, des cocus, des maquerelles, des porte-cotons et des archétypes de fanfarons et de chiens battus.

Je préférerais que notre ami Mazerolle reprît la une Rue 89 avec ce beau titre de paroles d’un ébéniste, Nicolas: « Le bois, c’est vicieux »:  »

Pour concevoir un meuble ou des boiseries, il faut d’abord savoir observer. Avant de savoir toucher, pour Nicolas Bachmann, ébéniste depuis 31 ans :

« L’œil va te donner envie de toucher. Le premier regard va te donner cette envie de palper, de sentir cette douceur, de voir s’il y a des irrégularités. Lorsqu’on a l’œil aguerri, on voit les défauts. L’œil est critique. »

L’oreille aussi renseigne :

« Au sifflement du rabot, je sais si c’est un bois tendre ou un bois dur. »

 

Vice pour vice, je préfère, en effet,  celui du bois. celui-là résiste et ne ment pas. Qui peut dire au à l’UMP: «  Le premier regard va te donner cette envie de voir…s’il y a des irrégularités »?

 

Un peu d’imagination, un peu de nature, monsieur Mazerolle! C’est un bon remède contre la déprime.

Ne cultivez pas le mythe de l’inutile!

Génération Bovary préfère partager une canette de « coke » légèrement cabossée.Le mythe de la perfection a vécu.

Les Nouveaux Bovary préfèrent le design à (légère) d’aspérité au design lisse. Ils préfèrent l’humour au sérieux de la vie porté comme un fardeau. Il suffit de regarder leurs beaux visages, pour comprendre que du piercing du nez naît cette recherche de la légère dysharmonie.

Le total look appartient au passé.
Car les Nouveaux Bovary ont bien compris que le monde ne sera plus jamais parfait. Même pas en rêve, même pas en illusion. Emma Bovary pouvait encore rêver à ce monde parfait « Elle avait lu Paul et Virginie et avait rêvé la maisonnette de bambous…« .Ce n’est plus le cas de cette génération des social digital natives. Mais Emma Bovary qui avait également rêvé de « l’amitié douce de quelque bon petit frère qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que les clochers… »  n’a jamais trouvé cette relation fraternelle, ni auprès de Charles, ni auprès de ses amants.Génération Bovary vit au quotidien cette relation de canette ba cabossée.. Facebook rapproche et crée cette lointaine intimité, gage d’une longue relation dans un monde épouvantable. Elle seule arrive à conserver le peps et la fraîcheur de la boisson du bon docteur Pemberton.

Les réseaux sociaux sont en passe de montrer que les humains sont frères et qu’ils le savent. Que la canette de Coca est désormais un peu cabossée mais qu’elle se partage.

Quand le marketing l’aura-t-il compris et nous proposera ces canettes multi-pailles un peu bosselées?
Ne dit-on pas que le but du marketing est de répondre aux attentes des consommateurs?

 

 

Dans Influencia, pourquoi la taxe Nutella va tomber à l’eau, le président normal va toujours plus mal et le crédit d’impôt risque de faire long feu..

Dans ma chronique bimensuelle sur Influencia, intitulé, « Décryptage du mythologue » j’ai posté une réflexion sur l’abus actuel de l’oxymore. Les trois formules de la taxe Nutella, du président normal, et du crédit d’impôt en sont de bons et très récents exemples.

En alliant dans une même formule les contraires, on croit résoudre la « quadrature du cercle » mais en abusant de l’oxymore, on finit par perdre toute crédibilité. « L’oxymorite aigüe «  aurait le même effet que la » crise aigüe » de l’euro et de l’Europe. On finit par s’y habituer.
On parle désormais d’abandonner la taxe Nutella, au goût devenu amer, on raille le président normal, et les entreprises commencent à se méfier du crédit d’impôt promis, espérons le, avant les calendes grecques…

Ma chronique sur: www.influencia.net

 

 

 

 

 

Le barista du Paris-Marseille 7h07 et Le mythe de la pyramide inversée.

Lorsque vous aurez l’occasion de prendre le TGV  Paris -Marseille de 7H07, le 6103, j’espère que vous aurez la chance,en allant au bar de « tomber » sur le même « barista » que moi.

Jovial, enthousiaste, drôle vous interpellant gentiment, usant de quelques calembours,  et se moquant aimablement des contrôleurs avec des intonations et une voix d’acteur aussi à l’aise que nos plus grands humoristes.

Un type génial, quoi!

Mais un type derrière un comptoir qui , finalement, se trouve dans une posture d’homme de pouvoir, même s’il n’en n’a aucun.En tous cas de fonction bien encadrée et plus d’être humain avec son libre arbitre. Un être à qui on demande un comportement avant une attitude. Une façon de faire avant une façon d’être.

Et là, stupeur, tous ceux qui « font la queue » ne comprennent pas que ce « fonctionnaire du café matinal » soit jovial, hilare, puisse les prendre à partie.Un travailleur heureux derrière son comptoir alors que ses clients transportent tous leurs soucis si visiblement.

En règle général, on veut bien admettre que de temps en temps, un client (du bon côté du comptoir) entouré d’amis puisse parler un peu plus haut que les autres. A l’écouter, cela fait passer un peu de temps et si, en plus, il est drôle;
Mais que le barista se permettre d’être drôle, souriant, sorte de son rôle de préparateur-encaisseur, ce n’est pas prévu dans les codes sociaux!

Tous faisaient donc leur mauvaise tête. Comme si c’était choquant.

Le mythe humain le plus terrifiant est bien celui de la pyramide inversée, des gens « qui ne sont pas à leur place ». Les dieux n’aimaient pas ça du tout, les hommes non plus.C’est pourtant ainsi que de grands managers, des prophètes et des créateurs atypiques ont changé un peu,  beaucoup,…le monde.

Dommage car c’est sans doute la seule façon de faire bouger les choses et de passer du statut à la relation.
Précipitez vous sur le 6103 et si vous rencontrez cet employé du bar (vous ne pouvez pas ne pas le reconnaître) dites lui toute l’admiration que j’ai pour lui.

Même les contrôleurs n’osèrent plus faire leur contrôle. Les habitudes et les tabous étaient brisés. Un TGV de la Très Grande Vie circule grâce à un barista d’exception entre Paris et Marseille à 7H07!

 

La veuve Clicquot dans une boîte de sardine. Une arrête de plus dans la transgression!

Je suis intervenu ce matin au salon de l’emballage sur les Nouveaux Bovary, leur approche du design et les conséquences pour les marques.

Bref ce qui attend les marketers dans ce domaine.

Pour ne pas vous laisser sur votre faim et en deux mots: un besoin de transparence à tous les sens du terme pour les produits du quotidien et un besoin de mystère pour les moments d’exception. Le mythologue se régale car on retrouve depuis 10 000 ans que l’homme pense ( et …consomme ) cette même double approche : la pureté de l’eau et le mystère de l’or!

En arrivant au salon un espace est consacré aux innovations de l’année. Beaucoup d’éléments très techniques sur lesquels j’ai peu de compétences pour m’exprimer.

Mais une surprenante bouteille de champagne dans une immense triple boîte de sardines Veuve Clicquot. Dorée bien-sûr selon les codes de la marque. magnifique.
Le must de  la consommation aristocratique dans ce qui a été  longtemps considéré comme le plus basique! la Boîte de sardines, « boîte de conserve » difficile à ouvrir, comprenant un poisson considéré comme pauvre. L’odeur de la sardine grillée  et l’huile sur les mains en arrière goût.

Les codes explosent et avec eux le mythe des classes sociales. Certes « le bourgeois » a toujours voulu s’encanailler un peu. On le sait depuis Toulouse-Lautrec et les heures agitées du Moulin Rouge. Mais delà à utiliser la boîte  de conserve pour ce liquide prestigieux.

Alors, on nous explique que Nicolas  Ponsardin, l »inventeur » de la célèbre Veuve avait coiffé son logo original d’une sardine et que désormais cette bouteille s’appelle « La Ponsardine » .

Dans toute divinité sommeille une part dionysiaque; c’est sans doute pourquoi, minimaliste ou nom,  les Nouveaux Bovary continuent d’aimer les marques qui cassent les codes et font tomber les barrières.Et l’on se souviendra de l’humoriste et de son calembour: « le tsar dîne à l’huile! » L’humour est vraiment l’apanage des nouvelles générations; et c’est tant mieux!

Veuve Clicquot

La fin du mythe de la gratuité sur Internet.

Il fallait s’y attendre. Le moyen-âge, tant annoncé par les pessimistes est de retour. Google commence à nous faire percevoir  la fin du display sur internet. Au profit de ce vieux truc des douanes qu’on appelait  « le droit de passage ». Pour accéder à un site de marque, on ne passera plus par un simple clic sur le logo de la marque mais par un comparateur, un renvoi…bref un droit de passage.
Tous les acteurs internet nous apprennent que ceux qui gagnent de l’argent sur le net sont les comparateurs. Et hop! Un clic de plus! Un cent de plus! Le public aime voir un tableau bien clair de tous les acteurs comparés pour acheter son assurance ou ses voyages. Un grand acteur, type Google,  fait le job. On clique pour en savoir plus et la marque paie son droit de passage, que le consommateur achète ou non. L’OMC essaye de faire tomber les barrières douanières des produits, Google va, a contrario, inventer la douane numérique. il fallait y penser!

De tous temps, les royaumes se sont enrichis en faisant payer des droits pour laisser passer les marchandises. Venise est devenue ce qu’elle était grâce à ses lagunes installées comme autant de guichets douaniers.Les sociétés d’autoroute ont fait fortune sur ce même principe.Un péage à chaque col, et un à chaque entrée de ville! Les vendettas de tous poils le savent: ceux qui maîtrisent les cols et les guets sont les maîtres du monde!

Le monde numérique n’en n’est finalement au mieux qu’au XVIe siècle.On le découvre navré.

C’était trop beau, cette génération de la gratuité de l’information et de la circulation des idées! Cette générosité ne pouvait pas durer. nous le savions mais ne voulions pas y croire tant des temps nouveaux étaient annoncés aux Nouveaux Bovary…

Cette wiki génération, souvent si généreuse mérite-t-elle tel traitement?

 

Belle idée.Bien tardive et bien tristounette. Un billet de 5 euros avec la déesse Europe

J’ai répondu à une interview pour France Culture de ce jour sur le sujet. Un nouveau billet de 5 euros aura la reproduction d’une mosaïque représentant la déesse Europe.

L’Europe commence, et ce n’est pas trop tôt, à se soucier de son mythe fondateur et des déesse éponyme, la déesse Europe.
Jusque là le seul « logos », la raison raisonnable pour laquelle l’Europe a été crée semblait suffire à nos élites. Mais les gens ont besoin de mythes pour vivre ensemble, d’histoires fondatrices qui confèrent leur identité commune.

La déesse Europe a tous les atouts pour réussir cette difficile alliance des Grecs et des Allemands, entre autres. C’est une femme, une des plus belles qui ait été puisqu’elle séduisit Zeus, lui-même. C’est aussi  la déesse des terres, des territoires de l’intérieur, par rapport aux territoires maritimes. En quelque sorte la déesse des « pays du nord » par rapport à ceux du sud. Plutôt rassurant pour les euro-sceptiques! C’est une femme libre enfin puisque séduite par Zeus, elle s’enfuit avec lui et lui donna deux enfants. La liberté, force de notre Europe démocratique.

Beau début de carrière pour ce mythe fondateur! Alors pourquoi ne pas aller plus loin et s’approprier, pas seulement sur la monnaie notre belle déesse?
Mais là, les experts ont encore une fois failli. Le choix du visuel est vraiment « antique » et tristounet! En Europe, diable est souvent dans les détails…Pourquoi ne pas avoir demandé à un artiste européen une ré-interprétation? Un « revival » de la déesse en quelque sorte!

Emma, blogueuse serait-elle morte d’ennui ? La réponse des Tweets?

« Il l’embrassait à de certaines heures.C’était une habitude parmi d’autres, et comme un dessert prévu d’avance, après la monotonie du dîner » (Madame Bovary. G. Flaubert. I. VII)

Bien-sur, il s’agit d’une description de   Charles Bovary le mari « trop normal » comme on dirait aujourd’hui. Alors Emma se répétait: Pourquoi, mon Dieu! me suis-je mariée?…elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus… »

Les Nouveaux Bovary, génération des réseaux sociaux, sont d’abord  des anti-Bovary, des anti-routines.Chaque seconde apporte son lot de tweets, ces « gazouillis romantiques »  souvent plus surprenant les uns que les autres.

Florilège des 5 dernières minutes:

  • « La vérité sort de la bouche des Anglais
  • 11H38. marché. « Ah nous! Qu’est ce qu’il vous fallait? » me demande le poissonnier, réveillant mes désirs à l’imparfait.
  • Un journaliste de l’Equipe frappé par un joueur de football de Montpellier
  • Il y a plusieurs sortes de gens: les doués bosseurs, les doués paresseux, les pas doués paresseux.« 

L’habitude tue, pas seulement au figuré, quelquefois même au réel comme le montre la fin tragique d’Emma Bovary et de tant d’anonymes.

Madame Bovary, c’était il y a bien longtemps, avec Internet, avant surtout les réseaux sociaux symbole de cette nouvelle génération Bovary, génération de l’illusion.

Logiquement, une question doit nous tarauder: à l’heure des tweets, Emma se serait-elle suicidée? Peut-on encore se tuer d’ennui ou d’habitudes mortelles au temps des tweets, au temps des réseaux sociaux et des joyeux gazouillis plus loufoques les uns que les autres? Gérer un blog empêche-t-il de se tuer?

Meurt-on volontairement de trop de vide, d’ennui ou de trop plein, d’illusion inaccessible?