Apple, toujours Apple. Et si la marque décidait de devenir un…suiveur!

Apple, est-elle sur le point sous nos yeux, et sans (se)  l’avouer, bien-sûr,  de changer de stratégie de marque?

Rappelons qu’il n’y a que 4 grandes stratégies de marques possibles:

  • Le leader: il fait la course en tête, sereinement, intelligemment, donnant le coup d’accélération quand il faut, sans bousculer le marché qu’il domine.
  • Le challenger: pour détrôner le leader;, il « donne des coups de pieds dans la « fourmillière  »  et tente de changer les règles du jeu du marché.
  • Le suiveur: il suit le leader , évite les erreurs en réagissant un peu plus tard. Ses produits (ou services) sont un peu moins chers mais il est plus rentable car il évite d’essayer les plâtres. Ce sont généralement les entreprises les plus rentables avec les leaders.
  • La niche: la marque ne travaille que pour « quelques uns ». Une cible très identitaire, les plus « écolos…les plus riches souvent.

Regardons la parcours d’Apple. Initialement, la marque prend une posture de challenger face au leader IBM et crée ses propres normes en s’appuyant sur les utilisateurs plutôt que les directions informatiques.

Marginalisée, la marque devient une marque de niche.( pour la communauté des créatifs, des scientifiques…)

Arrivent l’Ipod et l’Iphone, Apple reprend pour tous sa place de challenger qui réinvente les marchés et impose ses normes.Aux utilisateurs, aux distributeurs, aux sous-traitants…

Devenue leader, une position souvent difficile à tenir pour une mentalité de challenger, Apple adopte les travers de dominance du leader et s’aperçoit que cela marche moins bien. Les opérateurs de la téléphonie (qui ont désormais des alternatives)  comme les sous traitants se rebiffent.

Apple laissera-t-elle Samsung s’installer durablement dans cette stratégie de leader ?

Dan sce cas, l’entreprise habituée à être le chouchou de la bourse, et l’impératrice des résultats à plus de 10 milliards de dollars par trimestres va-t-elle se relancer dans   une position de challenger qui invente et…perd de l’argent? surtout en l’absence du père fondateur, qui seul, peut-être pouvait se le permettre ?

Il reste la stratégie du suiveur! Surprenant pour une marque comma Apple? L’image d’innovation va perdurer quelques temps et l’entreprise peut « sortir’ des produits « mee too » (de bonnes copies de ce qui existe déjà)  comme l’Ipad-mini.

Pour la marque  challenger, la stratégie de suiveur finit par se voir surtout dans ce monde où le buzz va si vite mais en attendant, les profits restent au rendez-vous…

Et le mythe Apple risque d’en prendre un coup!

A suivre…

Guerre du sexe ou guerre des armes.


A l’étranger depuis dix jours, je n’ai de nos engagements militaires que les titres de la presse sur le net. Pas de télé, pas d’info en continu, de libération en live.., Comme une actualité qui arriverait, à l’ancienne,  un peu refroidie. Cela permet de se souvenir de quelques références, de quelques mythes. En particulier celui de Lysistrata, inventé il y a 2500 ans.

Pour nos dirigeants des propos définitifs et des attitudes dites « martiales »

Ils n’ont pas été élus pour faire la guerre et se retrouvent en première ligne. Presque, les armes à la main. Alors bien-sûr, ils adoptent, comme on dit, une attitude « martiale » du nom de la divinité latine, Mars, dieu de la guerre. La guerre existe depuis toujours, malheureusement doit confesser  le mythologue réaliste : guerre préhistorique (puis historique) de conquête et de défense de territoire, guerre de civilisation des Grecs(les anciens)  contre les « Barbares », guerres d’égo démesurés entre cités de la même langue et de mêmes divinités…

Quelle attitude pour les femmes de ces dirigeants devenus soldats ?

Dans la mythologie, les récits de repos du guerrier sont abondants. Le gars est engagé. Rentré chez lui, en permission ou définitivement, sa compagne est aux petits soins : culinaires, sexuels et autres douceurs pour contrebalancer la rudesse du combat, le stress des enjeux, l’engagement viril. Majoritairement, en cas de conflit, on laisse les filles et les femmes à l’arrière, comme elles seules sont susceptibles, physiologiquement, de renouveler le groupe. Elles soutiennent le moral et assurent l’avenir. De l’arrière à la passivité, il y a un grand pas qu’un poète grec refusa de cautionner.

Le mythe de Lysistrata et le rôle du féminin actif en temps de guerre.

Le Coluche d’il y a 2500 ans, un certain Aristophane, polémiste et auteur de comédies en eut marre de ces guerres à répétitions, de ces fils qui partaient, tombaient, de ces otages incessants entre cités rivales. Il inventa le mythe de la guerre du sexe. Puisque les femmes ne faisaient pas la guerre (et qu’elles ne votaient pas à l’époque), elles feraient la grève du sexe tant que les hommes n’auraient pas déposé les armes et qu’elles ne seraient pas nommées  « général en chef » à la place des hommes. Voici quelques vers du poète grec :

 

« Si le doux Amour et la déesse de Chypre répandent

l’attrait du désir sur notre sein et sur toute notre personne, s’ils

inspirent aux hommes l’ardeur de la passion, j’espère que les Grecs

nous donneront un jour le titre de général en chef.

Le Magistrat – Par quel exploit ?

Lysistrata – Pour avoir fait enfin cesser leurs folies et leurs courses

en armes sur le marché. »

 

Il paraît que cela a marché…Quelques temps !

Face à l’attitude de Mars, l’attitude de Vénus.

Sans vouloir entrer dans le débat de la justesse de telle ou telle intervention, le mythologue rêve qu’avec Facebook et Twitter et les autres…  qui peuvent jouer un joli rôle  dans les libération des peuples, , les filles s’interrogent .Par-delà les frontières, les causes, les religions, ne pourraient-elles pas  comme les filles de Lysistrata rejouer une scène de la guerre du sexe, grève du sexe ?  On n’arrêtera sans doute pas les guerres mais on pourrait en réduire la durée. La paix par le désir.
Guerre du sexe contre guerre des armes. Qui gagnerait…. ?
Au sommet de l’état, certaines sont déjà très adeptes des « twitts ciblés »…

Mythe et rite de passage, ce jour sur Influencia

Influencia de ce jour a repris ma rubrique sur le lien entre mythe et rite.
Tout rite est un rite de passage.
Cela signifie que chaque mythe accompagne un moment de passage pour le petit de l’homme que nous sommes.

Il n’y a aura donc pas de changement de société sans accompagnement rituel. Pas  plus qu’il n’y a de changement dans l’entreprise sans nouveau rite de passage.

Le mythologue sait que les représentations mentales doivent être visibles, quasi tangibles,  pour être perceptibles. Les comportements en disant toujours autant que les philosophies…C’est sans doute ce qui le rapproche de l’ethnologue, voire de l’éthologue.

www.influencia.net

 

 

 

 

Et vous, êtes-vous fidèle? Le mythe de la fidélité partagée.

Les marques et les entreprises cherchent sans cesse à « fidéliser » leurs clients. Avec des techniques quelquefois louables, souvent plus proches de la rétention que d’un partage de fidélité, et quelques fois des approches de voyou.

Sans vouloir ajouter ma pierre à la longue liste des plaintes contre les opérateurs téléphoniques, j’ai été assez assommé de ce qui m’est arrivé;
Je déménage, essaye d’anticiper, de prendre toutes les précautions, conserve le numéro, et explique que je ne veux rien changer. Simplement de retrouver mon service à l’arrivée.En payant aussi cher (en pro)  et tout et tout…
Bien sûr à l’arrivée, pas d’internet. Au bout de cinq jours d’appels, j’apprend que j’aurais dû changer de forfait puisque je déménageais. Ce qu’on ne m’avait jamais dit et là on me fait une fleur, on me rétablit avec, me dit-on,  une « broche temporaire » en me précisant que je devais appeler pour régulariser ma situation dans les tout premiers jours de janvier.

Ce que je fais. Et là j’apprends que c’était inutile puisqu’on m’avait fait un nouveau forfait pour un an. Sans en discuter avec moi, sans envisager mes besoins. A la tête du client…Je suis de nouveau engagé, malgré moi. Tant mieux , je ne voulais pas changer d’opérateur. Tant pis pour l’opérateur, j’aurais sans doute choisi mieux. Mais là, c’était trop, rétention, mensonge, abonnement d’office…

J’essaye de comprendre, je  demande des précisions.Je crois comprendre que ce serait sans doute moins cher. En fait, je n’en sais rien. Je verrais bien.

Je demandais juste que mon opérateur me soit fidèle comme je le suis envers lui depuis l’origine de mes contrats. Rien de plus.

Cet incident agaçant mais sans gravité m’a fait me souvenir de cette interpellation, je crois,  d’André Comte-Sponville, intervenant dans un colloque que j’avais organisé sur le thème de la fidélité entre marques et consommateurs  : « les marques réclament votre fidélité de consommateur mais sont-elles, elles-même,  fidèles  à leurs engagements, à leurs clients ? 

En fidélité, le mythologue aimerait redire qu’il faut être deux pour que ça marche. Cela fait du bien de le rappeler de temps en temps.

Des riches pas très « friendly ».

Sans en rajouter sur l’accueil fait Depardieu en Moldavie, j’ai été surpris, a contrario,  par mes nouveaux voisins.
Nous avons emménagé juste avant le nouvel an dans une coquette petite maison dans un quartier »tranquille », plutôt aisé, plein de jolies maisons identiques.
Nous nous sommes interrogés: comment faire signe aux voisins. Leur dire qu’on est leur nouveau voisin sans nous montrer trop intrusifs.

Les gens des vieux pays (un peu du nord) comme le nôtre abordent ce type de  questions que dans une fraternité humaine naturelle, on ne devrait pas avoir à se poser. Enfin, plutôt que d’aller frapper aux portes, nous nous sommes interrogés…

Nous avons opté pour mettre une petite carte de voeux à sept voisins proches avec ce texte « Nous sommes heureux d’être vos nouveaux voisins et vous souhaitons une excellente année »+ notre adresse.

Combien de retours? Comme on dit en marketing.

Eh bien, zéro réactions. Pas un mot en retour. Statistiquement, échec total.

Dans un autre quartier, quelles eussent été les réactions?

On affirme chez Homère qu’un étranger arrivant dans une nouvelle ville était considéré comme un envoyé des dieux…et que les lois de l’hospitalité faisaient partie des lois fondamentales de la cité.

Les temps changent dirait le sage…

Le désir comme la mer est toujours recommencé.

Le « Bovarysme » est bien le mythe le plus humain.

Ou plus exactement ce que C. Lévy-Strauss a nommé le mythème, le principe du récit du mythe.

Claude Lévi-Strauss a proposé une analyse structurale des mythes. Il a mis en évidence les récurrences thématiques et formelles qui les organisent. Ces récurrences, il les appelle des mythèmes.

Grâce à ces mythèmes, on retrouve les mêmes structures mythiques dans toutes les civilisations.

Le mythème est le principe fondamental d’un récit mythique. Il se présente sous la forme d’un motif ou d’un schéma qui apparaît dans un certain nombre de récits (par exemple, le mythème de l’amour incestueux dans Œdipe, Electre, Lot…).

Les mythèmes sont toujours à la base de notre production fictionnelle, puisqu’on les retrouve en littérature, au cinéma, à la télévision et même sur le web.

Or le mythe des mythes repose sur le désir. L’attitude de se vouloir autre qu’on est, ou dans une autre position.

Bovary2013 sera le mythème de l’année. En Grèce (actuelle) ce sont les journaux qui annoncent de bonnes nouvelles qui se vendent et se lisent. Le désir d’être ailleurs, ne fût ce que le temps d’une lecture…

La fin du mythe Branson et d’un certain type d’illusions. Quel sera le nouveau mythe 2013 ?

Richard Branson  est né en 1950, cette génération de la fin des baby boomers heureux qui ont cru défier le « vieux monde ». Il s’attaque à tous les monopoles et réussit assez bien sur les « monopoles faibles et éparpillés » comme la distribution culturelle mais se casse les dents sur les dents sur les monopoles structurés : les colas, les compagnies aériennes.

Il a surtout compris le rôle de la marque unique : Virgin Megastore, Mobile, Cola…et désormais Galactic avec le tourisme dans l’espace.

 

  • La fin de Virgin megastore, la fin du mythe Branson ?Toujours classé parmi les grandes fortunes mondiales, toujours beau gosse, toujours sportif et plein d’idées, la fin du megastore des champs Elysées (qu’il avait cédé en 2001) marque, pour un Français,  la fin du mythe Branson, du mythe du sale gosse, challenger des quasi monopoles bien établis. LA FNAC  était un « petit joueur », AMAZON est d’un autre calibre !
  • La fin d’un certain type d’illusions ?Les challengers qui avec les mêmes armes tentent de renverser les colosses en place, dans une économie mondialisée, ça ne marche plus ! Les low cost sont venus avec d’autres armes, et, même dans cet univers, peu résistent vraiment. Beaucoup évoluent vers un « marketing plus classique ». Les illusions du petit David qui va battre Goliath se sont envolées. Les « vieux leaders et leur modèle économique » reprennent presque partout le dessus.
  • Quelles mythologies pour 2013 ? Vers quelles nouvelles illusions ? Rassurons-nous, l’être humain n’a pas fini de rêver ! Les illusions sont encore plus fortes en 2013 qu’en 1983 mais elles sont plus imprévisibles. Elles viennent du monde encore inconnu du Web et de la nouvelle « valeur » la sérendipité, le pur hasard heureux qui se transforme en réussite…et souvent en richesse pour les geeks idéatifs. Les investissements sont moindres, les équipes plus faciles à mobiliser, la revente et le gain plus rapides.

 

La rencontre la plus inattendue devient le symbole de ces nouvelles attentes et de ce nouveau mythe. La sérendipité sera la « valeur 2013 ». A vos idées les plus farfelues, à vos airs les plus kitch…La génération Branson était à la recherche de héros « politiques », la génération des Nouveaux Bovary est en quête d’anti-héros événementiels.

Dans son dernier essai, « Les Nouveaux Bovary » (Pearson fin 2012)  qui se lit comme le roman d’une génération, Georges Lewi, professeur au Celsa, mythologue (et spécialiste des marques), décrypte le phénomène de ces « nouveaux Bovary », nouvelle génération de l’illusion. Comme l’héroïne de Flaubert, ils rêvent d’une vie plus exaltante, et les médias sociaux sont pour eux le moyen de se rebeller contre l’insatisfaction éprouvée dans « la vraie vie ».

Qu’est-ce qu’un mythologue apporte ? Il  analyse la société au travers des représentations mentales qui existent dans l’esprit humain « depuis toujours », les mythes (ou mythèmes) , les archétypes que les gens connaissent et qu’ils croient vraies, ce qui facilite, par comparaison,  leur appréhension et leur compréhension du monde.

 

Orange amère pour le mythologue et Depardieu. Réponse tardive à notre cher médiateur du Monde.

Je déménageais le 20 décembre et malgré, ce que je croyais être le maximum de précautions, pas d’internet en arrivant.
Pendant 10 jours. Orange amère!

Mon blog s’ennuie depuis. Moi de vous. Vous de moi peut-être. Une seconde peau ,un nouveau besoin est né. Tenir son blog.  Plaisir d’écrire; Certains l’affirment, plaisir de me lire.

Le médiateur du monde me lit.Et il me cite le le 21 décembre 2012. A propos du mythe Depardieu. Comment appeler autrement un acteur qui s’immiscie dans la politique fiscale d’un pays au point d’en devenir un symbole plus affirmé que celui du milliardaire  Bernard Arnaud ?  « Comme Cyrano de Bergerac, Depardieu est un concentré de Francitude au coeur aussi gros que le ventre et la gueule ». Certains lecteurs du Monde disent l’inverse: « On voit qu’il est bon comédien pour avoir joué avec un tel talent un personnage à ce point de composition » affirme un autre internaute cité par le médiateur du monde.

Orange amère qui a privé le mythologue de son blog et pour Depardieu, le mythique acteur de son propre personnage, outrancier, libertaire et généreux (sauf avec le fisc!).

Cet homme me rappelle un  autre géant que j’avais côtoyé, il y a bien des années. Il avait été le créateur de la marque de lingerie LOU et ensuite de la marque KARTING.Il avait déménagé son usine (on changeait à l’époque de commune, pas de pays) pour protester contre d’une taxe professionnelle trop lourde. Quand il mourut, il y a peu, il légua sa fortune à ses salariés et à la SPA, les deux seuls « attachements » de sa vie. Certains commentaires lui reprochèrent « post mortem » d’avoir mis sur le même plan un lien humain et animal.

On n’a pas toujours  le choix du spectacle dans ce théâtre d’ombres où chacun cherche ses rites de passage, des animaux aux humains, d’un pays à un autre, du néant à internet, de 2012 à 2013…

Bonne Année.

Que les oranges vous soient douces et la sérendipité au rendez-vous!