Don Juan et la statue du commandeur de l’UMP. Le mythe de la politique et la tragédie.

En étudiant Don Juan, qu’on étudie sans doute,beaucoup d’oeuvres dites classiques, beaucoup trop tôt, je me souviens de mon incompréhension devant ce « deus ex machina », cette statue du commandeur qui tombe sur Don Juan pour le punir. Et en plus, c’était du Molière, et par conséquent censé être une comédie ou quelque chose d’approchant.

On imagine une grue tomber sur des ouvriers d’un chantier. On imagine un accident de voiture mais une statue bien scellée tomber sur cet infidèle refusant la pénitence et l’entraîner au fond des abîmes!

Et pourtant, je n’ai pu m’empêcher de repenser à ce mythe lorsqu’on suivait dans les médias le retour de Nicolas, commandeur de son camp, et menaçant les infidèles du parti. Comme chez Molière, une échéance fut annoncée: « Dom Juan n’a plus qu’un moment à pouvoir profiter de la miséricorde du Ciel ; et s’il ne se repent ici, sa perte est résolue. » Molière nous annonce la punition toute proche. J’entendis cela des rumeurs de l’intervention de Nicolas, spectre de l’UMP.

Puis plus rien.Le délai fut dépassé.

La menace et sa tragédie annoncées sont restées sans voix. Sans doute sans voie également.

« Autres temps, autres moeurs » disaient les antiques qui, eux-mêmes constataient déjà des changements d’époques.

La statue du commandeur ne tombe plus sur les fautifs comme la foudre. La politique a perdu de sa grandeur. Mais peut-être ne peut-on pas faire autrement et les commandeurs n’ont, sans doute, droit, de nos jours qu’à des statues de buzz.

Pour ceux qui auraient conservé le goût de la tragédie, qu’ils essayent donc de trucider quelqu’un avec une épée de buzz!

 

 

Publié par G. Lewi

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