Emma, blogueuse serait-elle morte d’ennui ? La réponse des Tweets?

« Il l’embrassait à de certaines heures.C’était une habitude parmi d’autres, et comme un dessert prévu d’avance, après la monotonie du dîner » (Madame Bovary. G. Flaubert. I. VII)

Bien-sur, il s’agit d’une description de   Charles Bovary le mari « trop normal » comme on dirait aujourd’hui. Alors Emma se répétait: Pourquoi, mon Dieu! me suis-je mariée?…elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus… »

Les Nouveaux Bovary, génération des réseaux sociaux, sont d’abord  des anti-Bovary, des anti-routines.Chaque seconde apporte son lot de tweets, ces « gazouillis romantiques »  souvent plus surprenant les uns que les autres.

Florilège des 5 dernières minutes:

  • « La vérité sort de la bouche des Anglais
  • 11H38. marché. « Ah nous! Qu’est ce qu’il vous fallait? » me demande le poissonnier, réveillant mes désirs à l’imparfait.
  • Un journaliste de l’Equipe frappé par un joueur de football de Montpellier
  • Il y a plusieurs sortes de gens: les doués bosseurs, les doués paresseux, les pas doués paresseux.« 

L’habitude tue, pas seulement au figuré, quelquefois même au réel comme le montre la fin tragique d’Emma Bovary et de tant d’anonymes.

Madame Bovary, c’était il y a bien longtemps, avec Internet, avant surtout les réseaux sociaux symbole de cette nouvelle génération Bovary, génération de l’illusion.

Logiquement, une question doit nous tarauder: à l’heure des tweets, Emma se serait-elle suicidée? Peut-on encore se tuer d’ennui ou d’habitudes mortelles au temps des tweets, au temps des réseaux sociaux et des joyeux gazouillis plus loufoques les uns que les autres? Gérer un blog empêche-t-il de se tuer?

Meurt-on volontairement de trop de vide, d’ennui ou de trop plein, d’illusion inaccessible?

Publié par G. Lewi

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