Il faut s’imaginer Sisyphe heureux. Le mythologue et le bonheur humain.

En ces temps compliqués, où personne ne sait de quoi demain sera fait, où chacun a le sentiment de valser sur un volcan, le mythologue se souvient de cette parole d’Albert Camus qui revient -et c’est tant mieux- furieusement à la mode.

Rappelons nous d’abord que Sisyphe, malgré tous ses défauts, refusait la mort pour l’humanité et enchaîna Thanatos (la divinité de la mort) si bien que plus personne, en « ces temps là », ne mourrait plus. Cela déplut à Zeus qui le condamna, à vie, à remonter son fardeau qui retombait inexorablement.

On considère généralement le mythe de Sisyphe comme le symbole du travail ingrat, voir absurde.

Albert Camus,  tout en reconnaissant la difficulté à assumer ce travail répétitif poussa la comparaison jusqu’au bout du paradigme de l’humaine condition. Et, oui, les temps sont durs! mais on peut les accepter avec le sourire.

On peut, on doit peut-être, être heureux d’être un être humain, doté de libre arbitre, susceptible de refaire son job, sans cesse, pour essayer de faire avancer le monde. Même si on a quelquefois le sentiment de recommencer « un peu trop ».

Comme les ouvriers à la chaîne, nos hommes politiques doivent se dire que la parabole de Sisyphe a sans doute été inventée pour eux. Car, non seulement, ils remettent sans cesse sur le métier leur tâche mais ils doivent donner le change , nous présenter un visage heureux.

« Il faut s’imaginer Sisyphe heureux » . Sisyphes consentant , des temps modernes, les hommes politiques sont peut-être heureux in fine…Qui sait?

Camus avait-il raison, une fois de plus?

Publié par G. Lewi

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