Le désir comme la mer est toujours recommencé.

Le « Bovarysme » est bien le mythe le plus humain.

Ou plus exactement ce que C. Lévy-Strauss a nommé le mythème, le principe du récit du mythe.

Claude Lévi-Strauss a proposé une analyse structurale des mythes. Il a mis en évidence les récurrences thématiques et formelles qui les organisent. Ces récurrences, il les appelle des mythèmes.

Grâce à ces mythèmes, on retrouve les mêmes structures mythiques dans toutes les civilisations.

Le mythème est le principe fondamental d’un récit mythique. Il se présente sous la forme d’un motif ou d’un schéma qui apparaît dans un certain nombre de récits (par exemple, le mythème de l’amour incestueux dans Œdipe, Electre, Lot…).

Les mythèmes sont toujours à la base de notre production fictionnelle, puisqu’on les retrouve en littérature, au cinéma, à la télévision et même sur le web.

Or le mythe des mythes repose sur le désir. L’attitude de se vouloir autre qu’on est, ou dans une autre position.

Bovary2013 sera le mythème de l’année. En Grèce (actuelle) ce sont les journaux qui annoncent de bonnes nouvelles qui se vendent et se lisent. Le désir d’être ailleurs, ne fût ce que le temps d’une lecture…

Publié par G. Lewi

4 réflexions au sujet de « Le désir comme la mer est toujours recommencé. »

  1. Comment est-il préférable de vivre les mythes ?
    – dans l’innocence, tels les enfants qui croient aux personnages et événements extraordinaires des contes ?
    – dans la foi, tels nos ancêtres agriculteurs, pasteurs et chasseurs qui se voyaient soumis au forces surnaturelles ?
    – dans le refoulement, tels les hommes des temps modernes qui sont rattrapés par les mythes dans toutes leurs créations, productions et consommations ?

    • Merci Slimane de ce commentaire structuré.
      En fait, selon moi, il faut reprendre vos questions « à l’envers ». L’homme des temps modernes a autant besoin de croire que ses ancêtres malgré (et à cause de) la science qui ne peut répondre à l’étendue des questions humaines. Les mythes apportent des réponses car ce sont des histoires racontées, véhiculées par ses ancêtres, et auquel il prête une certaine foi. Parce qu’il s’inscrit dans la durée, qu’il a gardé une part d’innocence (ou du moins une quête) en lui et qu’il a besoin d’histoires pour continuer à se repérer. Les hommes sont ainsi fait…
      G.L.

  2. Dans mon troisième et dernier questionnement, je fais allusion à une certaine forme d’orgueil « promethéen » qui fait que les hommes aussi bien des temps modernes comme des plus anciens, croit grâce au progrès scientifiques et aussi aux croyances religieuses (les religions, du moins celles que je connais un peu, les monothéistes, sont parfois présentées comme des remèdes définitifs aux mythes et superstitions -les deux sont souvent abusivement confondus – qui remontent aux âges primitifs) échapper à l’emprise des mythes et aller ainsi vers plus de liberté. Or, en ce domaine comme en beaucoup d’autres, nous chassons le naturel et il revient au galop.

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