Le mythologue et le mythe de la bêtise

Beaucoup comme Flaubert ont fait de la bêtise leur « bête noire ».
Mais qu’est-elle au juste cette bêtise que chacun reconnaît mais que personne ne saurait définir?

Pour beaucoup, la bêtise s’apparente à la soumission au discours ambiant. Mais la « doxa », le pré-penser est-il de nature si animal?

D’autres l’assimilent à la vulgarité.Mais l’art a souvent été vulgaire; or il représente souvent le contraire de la bêtise.

Pour d’autres, c’est le manque d’élévation de la pensée, la petitesse de vue. Comme si on regardait le monde à travers le trou de la serrure. Mais on sait qu’en étant proche, on s’élève souvent plus qu’en regardant au loin.

Alors?

Pourquoi le mot bêtise vient-il de bête? Les bêtes sont elles bêtes? Elle semblent souvent plus organisées, plus placides,  moins incompréhensibles que les humains. La bêtise est-il donc le synonime d’inefficacité, d’inorganisation ?

On comprend alors qu’au sens humain et managérial, le mot fasse « carton plein ».Mais n’oublions pas que Socrate était le plus sage,par conséquent le moins « bête » parce qu’il prétendait ne rien savoir, ne rien « manager ». Parce qu’il prétendait à l’inefficacité.

On n’a pas fini avec ce  Flaubert, sa Bovary, et ses Bouvard et Pécuchet de s’interroger sur le mythe de la bêtise que chacun reconnait chez son voisin de palier mais que personne ne saurait définir…

Car il s’agit peut-être d’un mythe, d’une illusion, si personnelle que personne d’autre n’est vraiment  apte à la partager. Ni même à la comprendre.

Publié par G. Lewi

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