Ma chronique Influencia: Good business et souffrance au travail.

Décryptage du mythologue : Good business ou Souffrance au travail.

PUBLIÉ LE 19 MARS 2014
Décryptage du mythologue : good business ou souffrance au travail.

 

Le bien-être au travail est devenu un enjeu planétaire non pas par seul souci d’humanité mais parce qu’on a -enfin- compris qu’il est synonyme de productivité, surtout pour des nouvelles générations qui fonctionnent en mode projet. Mais on s’aperçoit qu’il y a deux façons de dire la chose : « Good business », en Anglais et « souffrance au travail », en Français.

La langue exprime le génie d’un peuple. Concise, pratique, concrète, l’Anglais accompagne le génie Américain qui vise à exprimer le résultat.

 La mythologie est d’abord une sémiologie

« Bien-être au travail » est un concept sans intérêt pour cette langue qui transcende le concept en résultat escompté : « Good business ». A contrario, le Français aime les concepts, se plaît à intellectualiser les faits pour leur donner du sens et chercher la signification cachée derrière toute réalité. Le travail est déjà étymologiquement « torture ». « Bien-être au travail » ne peut donc pas exister dans notre langue car c’est un oxymore insupportable. Ainsi, la recherche de l’efficacité devient-elle lutte contre la « souffrance au travail ». Pour la combattre, certes, mais le « mal est fait ». S’éloignant du paradoxe, la langue française a choisi la redondance. Ce qui se comprend aisément s’exprime clairement et en mode répétitif. « Bis repetita placent » disaient déjà les anciens. « La répétition plaît aux oreilles ».

Le droit doit-il entériner une situation ou la précéder ?

La science juridique est celle de la mise en textes et en normes des comportements permis ou prohibés pour permettre aux individus de vivre en société. Autrement dit, le droit met en lois la vision que la société a d’elle-même. Good business et souffrance au travail illustrent bien cette différence de vision. La société du « Good business » vise d’abord à la réussite économique. Elle ne sanctionnera que, plus tard, les abus les plus criants. L’individu est assez grand pour se défendre tout seul, c’est sa liberté et quasiment son obligation. La société de « souffrance au travail » pense l’individu comme un David contre le géant Goliath du monde du travail. Elle essayera de prévoir, en anticipation, les risques encourus par l’individu, victime a priori d’un environnement écrasant.

Les deux faces de la sémiologie d’un peuple ?

 Comme pour  le dieu Janus, une des plus antiques divinités, à l’origine de la création de Rome, cette question est à double face : qui ouvre la porte et qui la referme ? Janus a pour symbole une clé. Est-ce la pratique qui doit ouvrir la porte au droit ou au contraire est-ce d’abord le droit qui doit être principe de précaution (inscrit dans la constitution française) avant d’agir et de risquer de faire des erreurs ? Dans l’histoire de l’humanité mythique, ce furent les actions humaines qui firent le droit.

Puis vinrent les religions qui inversèrent la donne en édictant aux croyants la conduite à suivre avant même que l’action ne fut entamée. « Good business » ou « souffrance au travail », quelle est la meilleure façon d’exprimer une amélioration des relations sociales ? Le mythologue ne peut donc pas se permettre de donner un avis. Il peut seulement rappeler qu’il faut avoir ouvert la porte pour pouvoir la refermer.

 

Publié par G. Lewi

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