Ma chronique Influencia. Triste César et joyeux Resnais!

Décryptage du mythologue. Triste César !

PUBLIÉ LE 05 MARS 2014
Décryptage du mythologue. Triste César !

 

La plupart des cérémonies « institutionnelles » sont « décevantes ». La 39ème cérémonie des César fut « mortelle ». On se poste devant la télé, pas pour le palmarès, mais pour voir des stars dans leur « vrai rôle », celui de leur vie face au succès ou l’insuccès. Face à leur intelligence et leur émotion non fardée. On attend du suspens, du rythme.

César, pas le sculpteur d’où vient le nom de la cérémonie, mais l’empereur romain qui fut tué par un des siens, par son propre fils : dans la mythologie ce sont souvent nos amis qui nous tuent. Rarement nos ennemis. Mais comment se débrouillent-ils ces gens du cinéma pour assassiner ainsi leur image, pour que la plupart des « bons mots » tombent à plat, que les introductions filmées ne fassent même pas rire la salle pourtant venue pour ça, pour faire aussi long à l’heure de la renaissance des courts métrages et des tweets ? Ils veulent prouver que leur art et eux-mêmes sont irremplaçables, indispensables à notre existence et ne montrent qu’une défense pesante de leur privilèges, de leurs « intermittents » comme si ceux-ci n’existaient pas ailleurs. Généralement, lorsqu’une corporation fait ainsi un panégyrique d’elle-même, c’est qu’elle est en effet en train de mourir, sans même s’en rendre compte. On appelle cela le mythe du Titanic : entamer la plus ennuyeuse des danses au moment même où se prépare le choc fatal.

 Un seul film primé. Son auteur ne savait plus quoi dire…

Palmarès univoque en faveur d’un film « juste dérangeant comme il faut » écrit et réalisé par le « meilleur élève de la classe » , celui qui fait rire les copains, sur un de ces sujets, sans doute bien réel mais également bien marginal par rapport à ce que vit la société dans son ensemble : la pauvreté pour beaucoup, la montée des racismes et des nationalismes, la difficulté des jeunes à trouver leur place, la fausse transparence du web qui enferme la vie privée… Ce « pauvre » gagnant qui ne trouvait plus ses mots comme perplexe devant le peu d’imagination de ses confrères du monde cinématographique. Que dire, en effet au 5ème remerciement «obligé » ? Ironie du sort, le lendemain de ces « César » mourait Alain Resnais dont le leit-motiv professionnel était : « mon critère avant de créer est de me demander : c’est vivant ou c’est mort ». Etre vivant, pour lui, c’était d’aller, sans cesse, de l’avant, de chercher toujours quelque chose de nouveau, de changer de mode narratif d’un film à un autre.

 Mon oncle d’Amérique

On entre au cinéma, dans une salle obscure, pour découvrir « en grand » la lumière, la lumière des sens, la lumière de la pensée.Alain Resnais, en plus de cinquante films, nous a montré le sens caché des mythes. Celui, d’abord, de cet « Oncle d’Amérique » film culte où se mêlent les représentations obsédantes de l’enfance et la réalité socio-économique, les comportements comparés des humains et des souris prises au piège d’un laboratoire, la narration sociologique et le vécu d’un biologiste, le professeur Laborit qui pose cette question : « Mais que se passe-t-il donc quand on ne peut ni fuir ni lutter face à une situation conflictuelle ? ».

 

César a été tué par son fils car celui-ci n’avait pas trouvé de réponse à cette question que devrait aujourd’hui se poser un cinéma en phase d’aporie, c’est-à-dire dans une impasse. Triste César où le cinéma semble naviguer entre ennui et autosatisfaction.

 

 

 

 

Publié par G. Lewi

2 réflexions au sujet de « Ma chronique Influencia. Triste César et joyeux Resnais! »

  1. Bonjour Monsieur,
    A défaut d’avoir une adresse où je pourrais vous écrire, j’ai eu l’idée de consulter votre blog. Je viens de lire vos articles, le dernier en date consacré aux César et je suis entièrement de votre avis.En fait mon « courrier » va peut-être vous sembler déplacé sur ce blog…je veux vous parler de votre dernier livre BOVARY 21 que mon fils m’a offert à Noël, sachant mon admiration pour G. Flaubert et pour ce roman inépuisable Madame Bovary. Sachez d’emblée que votre Emma 21 me « botte » assez. J’aime bien cette histoire, la façon dont vous l’avez construite, en mélangeant les genres ( du 19ème au 21ème siècle citaions du roman en début de chapitre et blog de votre héroïne à la fin). Jusque là tout va bien, j’ai lu une centaine de pages de votre bouquin et j’ai fort envie de continuer…Mais, mais….et là je vais mordre… à votre façon quand vous épinglez la cérémonie des César et les comédiens!
    Pitié, Monsieur, pour la grammaire et la syntaxe de la langue française que vous bafouez avec une allégresse sans mélange! A la première faute rencontrée ds le livre j’ai cru à une coquille d’éditeur et j’ai pesté contre lui. Hélas, le pauvre n’y est pour rien! Enfin…il pourrait vérifier quand même! Comment peut-on éditer, les yeux fermés, un bouquin truffé de fautes graves…et je n’en suis qu’à la page 105 !!!! Un petit florilège pour vous rafraîchir la mémoire: p.34 « l’imprimatur officielle » (imprimatur est du masc.) p.89 « les gens qui vont faire semblant de me féliciter se demandant qu’est-ce que je fais là » (syntaxe correcte= se demandant ce que je fais là) p.89 « une copine m’a confié qu’il faudrait restée couverte de crème… » (qu’il faudrait rester) « elle s’était faite choper »…( elle s’était fait choper, suivi d’un vb à l’infinitif, le participe passé de faire est invariable) 3 fautes « énaurmes » ds la même page! on n’en peut plus! P.84 et 89 les impératifs « appelles-moi » et « saches que » (par pitié il vous faut réapprendre les conjugaisons d’urgence!) p.90 « les mecs n’aiment être en retrait par rapport à leur nana » (et le pas qui soutient le ne négatif?) . Bref…je pense que je ne suis pas au bout de mes trouvailles! On pourrait faire un bêtisier… comme pour les copies des bacheliers. Franchement je trouve cela un peu honteux de malmener ainsi la langue française. Vous pouvez être un censeur des propos des autres, et là je peux vous soutenir, mais commencez par balayer devant votre porte…ou plutôt votre plume! Et encore dans votre article contre le journaliste d’Inter, M. Erner. Vous vous en prenez à son attaque contre les marketeurs…pourquoi pas? mais à la fin, cerise sur le gâteau de vos fautes vous parlez d’un document que vous vous proposez d’envoyer par la poste « je vous le ferez porter.. » Il a dû se marrer M. Erner s’il vous a lu…Comment prendre au sérieux un monsieur qui maîtrise peut-être le marketing…mais pas du tout les conjugaisons…Elémentaire mon cher Wartson!
    Bon! Je vous dis cela parce que je respecte les écrivains, écrivant moi-même des nouvelles. J’ai participé à des concours, j’ai gagné plusieurs fois…eh bien figurez-vous qu’ un critère important de sélection des textes c’est…La maîtrise de la langue, orthographe et grammaire! A bon entendeur, salut!
    Pour terminer sur une note positive, j’aime bien votre bouquin cependant et j’ai l’intention de le lire jusqu’au bout. Pas mauvaise fille quand même!
    Cordialement
    Annie Bocquet.

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