S. Fouks d’Havas renonce à son activité de conseil politique. Deviendraient-ils sages?

Le mythe de la langue, la pire et la meilleure des choses, selon Esope, n’a jamais été autant d’actualité.

J. Seguela a fait la gloire (et la richesse bien souvent)  des agences de pub. en affirmant partout qu’il avait fait élire grâce à son talent publicitaire (qu’il continue de promener à travers les médias) F. Mitterrand, le premier président de la République de gauche.

La pub sortait de l’ombre, du métier technique de communicant  pour devenir le symbole d’une nouvelle société ouverte et sans complexe.

Le sens de la formule dans ce monde de la vitesse et de compréhension immédiate est l’apanage des publicitaires. Les industriels comme les politiques ont souvent trop de scrupules pour  « faire trop simple ». Les publicitaires sauront les entraîner dans cette direction dite de « l’efficacité. »

Stéphane Fouks, le patron d’Havas, à propos du conseil politique de son agence selon le Monde du 27 avril 2013: « Il faut s’interroger sur les conditions d’exercice d’une activité qui représente 1% du chiffre d’affaires d’Havas Worlwide et 99% des es emmerdes »

Les grandes entreprises conseillées par une grande agence sont des paquebots, les hommes politiques de fragiles esquifs sur la trop grande mer de la réputation.Pour les uns, on ne voit les effets du conseil qu’à long terme (plusieurs années) , pour les autres, au gré des sondages hebdomadaires

Ceux qui ont été conseillés récemment par  l’équipe de S. Fouks sont mal en point : DSK, CAHUZAC, HOLLANDE.
Le sens de la formule « Yes, we Khan » ou « mon ennemi, c’est la finance » « je n’ai jamais eu de compte à l’étranger, ni maintenant, ni avant » sont efficaces sur le coup mais, sur la scène publique,  ils engagent plus que la parole publicitaire.

L’actionnaire d’Havas, s’en émeut. Car c’est un dustriel qui sait lui que les paroles ont des conséquences.

Les gens de communication devrait se souvenir que la publicité est un art éphémère…qui laisse des traces. On affirme quelque chose qui semble léger, factice souvent, presque irréel, voire inconséquent. Mais les traces mémorielles restent.

On ne devrait pas mélanger les genres. Le monde politique a tout à a fait le droit (et même le devoir) de se faire épauler par des spécialistes de la communication mais les techniques,  publicité ou communication para-publique ne sont pas les mêmes.

La rhétorique publicitaire est celle des sophistes, celle des politiques est celle de la   la pensée.

On connait cette fable d’Esope que  La fontaine aimait à citer. Langue d’Ésope:La meilleure et la pire des choses. 


Ésope était un esclave qui racontait des fables.

« Le maître d’Ésope lui demande d’aller acheter, pour un banquet, la meilleure des nourritures et rien d’autre. Ésope ne ramène que des langues! Entrée, plat, dessert, que des langues! Les invités au début se régalent puis sont vite dégoûtés. « Pourquoi n’as tu acheté que ça? ». » Mais la langue est la meilleure des choses. C’est le lien de la vie civile, la clef des sciences, avec elle on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées… » « Eh bien achète moi pour demain la pire des choses, je veux diversifier et les mêmes invités seront là. » Ésope achète encore des langues, disant que c’est la pire des choses, la mère de tout les débats, la nourrice des procès, la source des guerres, de la calomnie et du mensonge »…

S. Fouks renonce aujourd’hui à la lumière médiatique que procure le monde politique. Combien de temps saura-t-il rester dans l’ombre?

Conseiller la DCNS ou Nexity est sans doute bien intéressant mais il est rare que cela ouvre la porte des plateaux TV…

Ne désespérons pas, les hommes politiques et les publicitaires entament peut-être aujourd’hui une nouvelle époque de grande sagesse, un temps de l’humilité retrouvée!

Publié par G. Lewi

8 réflexions au sujet de « S. Fouks d’Havas renonce à son activité de conseil politique. Deviendraient-ils sages? »

  1. Le conseiller de Jérôme Cahuzac, de DSK, mais également celui qui apporta ses lumières à Lionel Jospin (2002), à Ali Bongo et Laurent Gbagbo se rend compte aujourd’hui que le conseil politique ne représente que « 1% du chiffre d’affaires d’Havas Worldwide et 99% des emmerdes ». Est-ce un élément de langage ? Pour une intelligence aussi fine, étonnant de faire ce constat si tardivement. Et si ces 1% correspondait à 99% de son influence sur le monde économique et politique. Une bonne martingale pour faire rayonner une agence, séduire de nouveaux capitaines d’industrie et voir progresser le business et l’ego. Quant à « l’humilité retrouvée » et à la « sagesse » auxquelles, cher George, vous faites référence, elle nécessiterait un tournant à 180° des narcissismes en tout genre, un virement que les psychismes auraient du mal à encaisser !

  2. Si on applique la triangulation objet, sujet, projet à l’action marketing : le projet transactionnel est conditionné par le produit qui en est donc l’objet et par une intentionalité contenue dans la marque. La marque apporte au produit sa dimension subjective.

    • Merci Xavier.
      C’est juste. Le « marketing politique « est complexe car il faut ajouter le rôle des partis (les vraies marques « corporate ») et les intérêts divergents souvent de l’entourage. Travailler pour une entreprise et ses marques est assez simple car la règle du jeu est assez claire et les intentions souvent proches. Pour une personnalité politique…
      GL

  3. Très bon article. Stéphane Fouks est probablement « sage » dans sa réflexion, mais je suis sûr qu’il a aussi pensé que comme il le dit si la communication politique est 1% du CA du groupe pour 99% des ennuis, c’est aussi et surtout, un accès aux décideurs qui lui vaut bien plus. Sur ce sujet de communication politique, il faudrait relire le fameux livre de Joe McGinniss « Comment on « vend » un président ». L’analyse de la campagne de Richard NIxon, qui montre ironiquement ce que Georges Lewi dit, qu’il est plus facile de vendre un objet q’un sujet qui est par nature incontrôlable. On connait la suite en ce qui concerne R. Nixon. .

    • Merci Jean Manuel
      C’e’st tout l’intérêt de l’être humain (et son tragique) : son libre arbitre. Une marque, c’est somme toute assez facile…
      GL

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