Le rêve du mythologue. Existe -t-il un mythe des mythes?

Commence un long week-end pluvieux.De grosses gouttes, sans doute cumulardes de plus petites tombent du toit sur l’avant toit. Le ciel gris est presque totalement masqué par de grands arbres, des pins qui nous feraient croire que le ciel est bleu ou qu’il va le devenir. Un oiseau passe, se pose, regarde la pluie, aussi paresseux que moi ce matin.

Je me suis promis de commencer mon « storytelling ». La pluie va m’aider, j’en suis sûr.
Et puis une question, les mythes, ces « histoires » que les gens croient vraies » son partagés par beaucoup, voire « très beaucoup » mais ils ne sont pas universels. Le cannibalisme comme l’inceste  sont réprouvés mais ils existent ou ont existé, tuer un autre humain est un interdit sauf son ennemi en temps de guerre, voler est proscrit mais la littérature se fait plaisir avec les « voleurs de riches »…

Existe-t-il un seul mythe universel?

Parmi les 36 mythèmes que j’ai pu identifier comme présents dans les civilisations que j’ai pu observées, de la haute antiquité à la Bible en passant par les grands cinéastes ou les marques-mythiques, y-en-a-t-il un qui soit irréfutable?

Existe-t-il un mythe des mythes?

En lisant et relisant mon feuillet sur lequel j’ai noté la précieuse synthèse de ces 36 myhèmes, des ces oppositions binaires fondamentales, il me semble que l’on peut essayer d’en proposer un comme universel.

Le mythe du du magicien, du rêve que dans les difficultés, l’humain, vous et moi on trouvera une solution par un heureux hasard. On peut l’appeler la magicien la baguette magique d’Harry Potter, la sérendipité du scientifique, la générosité de l’autre qui vous tend la main, Dieu pour certains, la bonne étoile pour d »autres, la voisine de palier ou l’oncle d’Amérique…

Le mythe du magicien qui va transformer notre vie et nous transporter de citrouille en carrosse, est présent partout. Partout, il a un autre nom. Partout, les humains ont besoin de rêver,  surtout lorsqu’ils sont cassés, (et nous le sommes tous) qu’on les aidera à se réparer.
Voilà pourquoi, la science médicale qui nous propose (souvent avec raison et succès) cette   possibilité a tant d’adeptes.

Voilà pourquoi le marketing, cet art  des néo-romantiques continue de poursuivre sa voie malgré les critiques.

Toutes les civilisations annoncent un salut possible et nomment plus ou moins clairement le rédempteur.

Notre monde n’y échappe pas qui considère désormais  internet, la blogosphère comme le nouveau rêve qui s’annonce et qui sera susceptible de résoudre bien des problèmes. Les « nouveaux Bovary »  cette génération des réseaux sociaux, ne sont pas loin de leur ancêtre, Emma Bovary qui affirmait « Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. »

Le mythe du magicien, sans doute, le seul mythe vraiment universel,  capte la figure symbolique du sol ici, de la nature là, de l’autre (avec ou sans majuscule) ailleurs, de la baguette magique, de la martingale gagnante des joueurs,  du KPI des financiers, ou simplement de l’espérance du brave homme, …, que l’on recherche tous.

On a de la chance, ce mythe universel est en nous. Par conséquent il est difficile à découvrir mais facile à obtenir.

 

 

 

 

 

 

Le mythe des mythes. Propos d’un mythologue

Le mythe des mythes est sans conteste celui de l’âge d’or, mythe de la création originelle, mythe du bonheur supposé, mythe de l’éternité, mythe da la vie sans souffrance ; mythe de la fraternité .Ce mythe de l’âge d’or est présent dans toutes les mythologies, partout dans le monde ancien ou contemporain. C’est ce mythe des mythes que Facebook essaye de proposer à l’humanité.

Eternel et Immortel, on le devient grâce à son compte ; heureux puisqu’enfin bien occupé. On n’a plus le temps de penser au bonheur car il nous faut répondre dans l’urgence de la conversation. Fraternel, on ne peut mieux avec nos milliers d’amis et qui plus est, généreux dans le partage de l’information.
Comme au paradis, nous n’avons plus besoin de vêtements puisqu’on se montre tels que nous sommes, en toute transparence.
Seule la maladie peut encore nous toucher mais la souffrance sera atténuée par les amis qui sauront être là quand on en aura besoin.
Chaque société a besoin de penser qu’elle peut retrouver le mythe de l’âge d’or. Souvenons nous, il y a une dizaine d’années de cela, les financiers avant l’éclatement des différentes bulles nous promettaient les taux de croissance sans cesse renouvelés des « trente glorieuses »…
Alors pourquoi les « nouveaux Bovary » ne pourraient-ils pas à leur tour faire un peu rêver le monde ?