Non à la « brand culture »!

En dépit de l’amitié que je porte à Daniel Bô, je ne peux retenir son concept de « brand culture » dont il vient de faire un livre.

Que nous dit-il sur le rapport entre « brand content » et « brand culture »?

« Le brand content correspond à la prise de conscience que les marques peuvent devenir des médias en élargissant leur discours au-delà du message commercial. Avec la brand culture, on élargit encore le regard sur la marque en s’intéressant à sa réalité multisensorielle faite d’objets, de techniques, de sons, d’implication physiologique en la considérant comme une réalité sociale partagée non exclusivement discursive. »   (Interview Influencia. 27 mars 2013.)

Le « brand content » , le « contenu de la marque » était, à mon avis, déjà tout cela. Des produits(ou services), des preuves tangibles (comparables) et intangibles (multi-sensorielles). Une marque rouge est une marque rouge. Ce n’est pas suffisant pour définir une « culture ».

Qu’est ce que la culture? Un ensemble de représentations qui permet à un groupe de se reconnaître (ou d’être reconnu)  comme l’expression d’une communauté distincte et particulière.Soit un ensemble d’aspects partagés et reconnaissables d’une communauté ou d’une civilisation.

Il y a culture quand il y a partage.

A part quelques « marques mythique » qui à un moment précis de leur cycle de vie (généralement au tout début) peuvent répondre à ce critère très identitaire, la plupart des « grandes marques » essayent, avec plus ou moins de succès, de donner du contenu à leur promesse. De là à parler de culture!

Même la communauté des Apple-maniaques , qui, il y a à peine deux ans, pouvait répondre à ce « critère culturel » de partage, presque jaloux, commence à s’émousser.Sans que son grand rival, Samsung ne soit encore parvenu à ce stade  « culturel ».

Restons modestes et contentons nous de faire de « bonnes marques », qui vendent de bons produits avec une identité reconnaissable et juste ce qu’il faut de « surprise » régulière pour continuer de nous les faire l’aimer.

Ceux qui veulent « fabricoter » en un jour, un an, dix ans, ce qui a pris des millénaires pour être lentement maturé, ancré…et qu’on n’arrive, toujours pas, mille ans plus tard à définir, échoueront.

Toute outrance porte les germes de sa destruction.
Or, nos contemporains ont besoin des marques, souvent, les seules mythologies qu’ils ont su confectionner et conserver.

Et aussi, la réponse de Daniel Bô sur son blog