La taxe Nutella, l’oxymore parfait et… le mythe absolu!

Vérité médicale ou simple besoin d’argent, les deux peut-être, pouvoirs publics et journalistes ont inventé l’expression très visuelle de   “taxe Nutella”

Comme il y a de l’huile de palme, au dire de l’industriel, incontournable dans le quatre-heure  préféré des tartines des petits Français, comme il y a de l’huile de palme dans la mémoire d’enfance de bien des adultes, c’est Nutella qui fut cité comme prénom de la taxe contre l’huile de palme. Comme jadis Coca-Cola pour la taxe sur les boissons sucrées.

Nutella ne s’y attendait pas. Au regard de la valeur ajoutée, peu lui importe, sans doute, la taxe mais de là à devenir le symbole d’un poison qu’on taxerait comme une vulgaire cigarette! Là non!

Car ceux qui ont inventé  l’expression de “Taxe Nutella” ont réinventé la communication, l’art de l’oxymore, l’art de faire croire que les alliances des contraires est possible et souhaitable. Se faire plaisir et enrichir la nation! Etre égoïste jusqu’au fond de sa tartine et en faire profiter les autres, moins riches! La taxe Nutella devient le symbole de l’équité. Bravo pour la trouvaille!

Mais pour Nutella, c’est un moins drôle; De meilleur dessert, le pot aux couleurs douteuses va lentement laisser filtrer son poison de produit à  risque pour la santé des petits. “En France, on ne taxe pas pour rien et …il n’y a pas de fumée sans feu” diront les plus légitimistes. Et ils sont nombreux lorsqu’il s’agit de la santé de leurs petits.

L’oxymore est comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des figures rhétoriques. Nutella paient de grandes pages de publicité pour se justifier. Mais la firme peut-elle lutter contre un oxymore, l’expression rhétorique de la subtilité, l’expression du mythe absolu de l’alliance réussie des contraires?

Jadis Coca protesta puis se tut en s’apercevant que le déni est encore pire que le mal face à la force symbolique du mythe engendré par un simple oxymoron.

 

Flexi-sécurité, Force tranquille, Président normal, Contrat de confiance.Le piège des oxymores.

L’être humain socialisé est un être de compromis.Certains animaux également. C’est du moins ce qu’observent les éthologues. Certaines civilisations ont même été  fondées sur la rencontre des contraires, celle du Ying et du Yang, du blanc et du noir, du rouge et du noir.

Certains poèmes  s’amusent tragiquement du soleil noir, des déserts de pluie, des oranges bleues…
La Rome antique fut malgré son culte de la force la civilisation qui savait “avaler”, absorber les autres croyances. Nous en sommes les héritiers et cherchons au travers de l’oxymore (oxymoron) de permettre aux contraires de cohabiter. c’est le nouveau ticket gagnant du Storytelling contemporain.

Dans l’actualité, la flexi-sécurité. Tant mieux si les entreprises parviennent à avoir plus de souplesse et le salarié plus de sécurité. La formule n’est pas belle mais l’idée fait rêver. La force tranquille,comme  une idée de Teddy Rinner et de David Douillet ensemble, a fait élire un président. Le qualificatif de “président normal” participa à l’élection de celui-ci. on voulait voir…Un rêve! Mais après? En marketing, les “ brand managers” savent que le contrat de confiance est plus facile à exprimer qu’à tenir dans les faits et dans la durée.Car vous aviez bien compris que la confiance ne peut pas se contractualiser… et que Darty avait inventé un des oxymores les plus astucieux du marketing.

L’oxymore est la formule la plus séduisante de la rhétorique mais c’est aussi la plus dangereuse. Il exprime le rêve de l’impossible, l’utopie d’un monde nouveau, l’illusion d’une autre vie.

Don Quichotte businessman, Bovary heureuse, Lear comblé? Que de rêves aussi  impossibles à réaliser que ceux de nos nouveaux oxymores politiques et économiques!