“Il est interdit d’être vieux”, parole de mythe, parole de marque.

Il est interdit d’être vieux” est cette parole prêtée à vieux rabbin du XVIIIe siècle qui prônait la joie de se reconquérir tous les jours, de ne chercher que le positif dans des situations les plus cruelles. Le dimanche du mythologue aimerait à la rappeler.Car derrière chaque mythe, il y a une espérance qui se pointe.Le mythe nous explique notre position et si elle est difficile, comment en sortir.

Il est interdit de ne pas se réinventer chaque jour, de ne pas créer de nouveaux projets, de penser que l’avenir est derrière.

Les “vieilles” marques, ces marques mythiques qui ont près de cent ans ou beaucoup plus l’appliquent à la lettre.Année après année.Et c’est pour ça qu’elles vivent et continuent de créer de la valeur.A l’origine, Philips inventait les ampoules pour la cour du Tsar, Samsung commerçait avec des produits agro-alimentaires et Danone (BSN) était verrier.

Les “vieilles sociétés” devraient s’en souvenir. Le déclin n’existe pas. Le changement si. On ne peut pas à l’infini continuer de s’accrocher à ce qui a fait notre force et notre richesse. Ce qui importe c’est ce qui fera notre force demain. Ce qui nous fera rire de plaisir, de réussite, de pied de nez à un destin qui semblait mal parti. Ce qui nous empêchera de vieillir.

La retraite n’existe pas pour les humains non plus. Certes, le rythme peut être moins soutenu mais chaque homme est un  créateur, de produits, d’idées, de sa propre vie. Le Bovarysme, cette illusion indispensable devrait être la règle de vie du genre humain. 

Il y aurait moins d’angoisse individuelle ou collective  si on résonnait comme cela.Si on reprenait la parole du vieux rabbin, mythologue malgré lui : “Il est interdit de vieillir”

François Hollande ou le mythe du bègue. Bizarre, bizarre…Ma Chronique sur lesinfluences.fr ” l’Officiel des idées”

Pour comprendre la pensée présidentielle, suggérons de remonter aux sources de Démosthène, un philosophe frappé de bégaiement.

François Hollande, Démosthène des temps moderne ? Le mythe du bègue.
Tel Démosthène (mais aussi Moïse, Louis XIII, dit le juste, Darry Cowl, Francis Perrin, François Bayrou…) notre président de la république est « bègue » au premier degré. C’est-à-dire légèrement. La comparaison avec d’autres bègues célèbres, devenus des mythes, tel Démosthène, est intéressante. Avec Démosthène, en particulier les similitudes sont fortes. Y aurait-t-il un mythe du bègue ?
Voici comment Plutarque décrit Démosthène et son « type » de bégaiement (Plutarque. Vie de Démosthène. 6)
« Il fut en butte aux clameurs et aux moqueries à cause de son style insolite, dont on jugeait les périodes tarabiscotées et les raisonnements poussés avec trop de rigueur et forcés à l’extrême. Il avait d’ailleurs, semble-t-il, une voix faible, une élocution confuse et un souffle court, qui rendait difficile à saisir le sens de ses paroles, obligé qu’il était de morceler ses périodes. »

François Hollande « morcèle » ses phrases, un peu moins sans doute que l’orateur athénien mais suffisamment à l’instar d’un François Bayrou. Comme pour conjurer cette petite coquetterie de la nature, ces hommes voulurent devenir des tribuns, en particulier dans les moments les plus difficiles. On dit en effet que Napoléon, Winston Churchill étaient aussi bègues « au premier degré ».

La littérature a, sans cesse, vanté l’art oratoire des bègues et de Démosthène en particulier. Mais on admet que celui-ci n’était pas académique et qu’il faisait volontiers appel à la métaphore, à l’image, remettant en cause les règles de la rhétorique traditionnelle. Sans doute pour contrer sa tentation naturelle d’être trop exhaustif, de « pousser les raisonnements avec trop de rigueur », de détails, qui finissent par les rendre impénétrables.

François Hollande « morcèle » ses phrases, un peu moins sans doute que l’orateur athénien mais suffisamment à l’instar d’un François Bayrou

C’est d’ailleurs ce qui arriva à notre Démosthène, lorsque, à l’apogée de sa gloire, il fut envoyé comme négociateur auprès de son ennemi de toujours, Philippe de Macédoine, pour conclure une paix jugée introuvable et tenter malgré tout de sauver Athènes. Il bafouilla alors, dit-on, un discours incompréhensible.
Comme François Hollande sans doute pour la France, Démosthène avait pour Athènes une véritable vision (que nous dirions aujourd’hui européenne) : fédérer la Grèce (antique) pour contenir son puissant voisin du Nord (La Macédoine et Philippe II son souverain) de sa volonté d’hégémonie. On ne sait pourquoi mais, dans l’histoire, c’est la plupart du temps le Nord qui veut dicter sa loi au Sud.

Démosthène cherche, donc, d’autres alliances, plus au sud et se retrouve, une fois de plus, déçu par l’inconstance des nations grecques. Il échoue dans sa proposition d’un sursaut panhellénique et anti-macédonien. Condamné à l’exil, voyant ses ennemis arriver, il se donne la mort en mordant son « stylo » dans lequel il y avait préalablement déposé une dose de poison mortel.

Les hommes politiques bègues enragent souvent de ne pas se faire comprendre. Ils mettent cela, sans doute, sur le dos de leur légère infirmité et finissent par accepter leur sort comme le prix à payer d’une démesure personnelle, celui d’avoir outrepassé une barrière naturelle en devenant hommes publiques et de ce fait orateurs.
Déjà, Démosthène critiquait, face à la mobilité des Macédoniens, la lenteur, les atermoiements du système démocratique athénien. Comme si la recherche de vitesse dans l’action pouvait être une réponse à la lenteur de l’élocution.
L’histoire retiendra que l’analyse de Démosthène fut la bonne mais que ses choix tactiques et ses engagements incertains ne furent pas judicieux. Et qu’Athènes fut vaincue.
Theodore Roosevelt, l’ancien président américain était également un homme politique atteint de bégaiement. Il se donna pour dessein de fédérer (également) le continent américain et dénonça, pour défendre les consommateurs, les « trusts » pétroliers, agro-alimentaires, et chemins de fer…Mais il laissa l’image de quelqu’un qui ne savait pas franchement s’engager.

La plupart des bègues célèbres engagés dans la vie politique, voulurent rassembler mais eurent le sentiment de quitter la vie publique incompris. A commencer par Louis II dit le faible mais aussi Napoléon…
Le mythe du bègue en politique est un mythe puissant, de celui qui n’est pas fait pour ce « job » mais qui persévère jusqu’à se hisser à la plus haute place. Leurs difficultés, plus ou moins fortes d’élocution leur ont fait perdre très vite la confiance de leurs concitoyens qui avaient apprécié l’ambition mais regrettent vite l’incompréhension.
Une autre profession paradoxale fait aussi appel aux « bègues d’exception », c’est celle d’acteur. Le plus grand sans doute au dire de ses disciples, Louis Jouvet fut bègue. Il masquera ce handicap par une diction volontairement syncopée à l’origine de son « style inimitable » et de sa réussite. Il abusait en effet du mode répétitif : « Moi j’ai dit “bizarre, bizarre” ? Comme c’est étrange… […] Moi, j’ai dit “bizarre”, comme c’est bizarre. » Ou le fameux : « atmosphère, atmosphère »

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La suite du texte sur le site www.lesinfluences.fr, rubrique le Mythologue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec nos élites, on frise souvent le “Cahuzac”. Le mythe de Janus, l’homme-dieu aux deux visages.

On découvre avec Jérôme Cahuzac un homme-Janus, un homme double, à deux visages: l’homme public et l’homme d’affaires.

Le médecin, en chirurgie  plastique, le dircab de ministres, le député,, le ministre lui-même, et  un des plus influents.

Un ministre de la fraude fiscale qui fraude lui-même, cela fait désordre!

Les deux visages du pouvoir s’expriment chez cet homme: l’argent et le “vrai” pouvoir, celui du politique, du monde syndical, des médias.

Posséder les deux, l’argent et le pouvoir est sans doute plus tentant que de n’en posséder qu’un (ou aucun comme la plupart d’entre nous). L’hubrys ( la démesure de la possession ) du pouvoir s’exerce à tous les échelons! On se souvient de cet acteur célèbre qui fait intervenir via son ami président la force de l’ordre pour chasser les nuisances sonores de sa résidence secondaire.

Puisqu’on a la notoriété et  l’argent, on a droit au silence! Plus que son voisin, cela va sans dire!

Combien de grands patrons ont résisté, après avoir gagné de l’argent, souvent beaucoup d’argent de recevoir les honneurs d’une présidence de syndicat, d’un mandat local, d’une présidence de commission…?

Les anciens, sages entre les sages avaient bien compris que celui qui ouvrait la porte aimait aussi la fermer, que celui qui possédait la clé voulait contrôler la porte. Ils ont inventé une divinité, une des plus anciennes et les plus influentes : Janus, le dieu des débuts et des fins, des portes ouvertes et refermées, des clés et des portes.

Car l’être humain puissant ne sait pas -ne peut pas-rester dans un seul régime. Etre riche ne suffit pas et c’est alors le pouvoir qu’on vise. Etre au centre du pouvoir est une frustration si on n’a pas un plus de beurre que le voisin sur ses épinards froids.

Combien de grands médecins, de grands professeurs essayent de s’arrondir les fins de mois? La notoriété intellectuelle ne leur suffit pas complètement. Et s’ils ne le font pas, ce qui est, par ailleurs, louable, ils deviennent souvent des pourfendeurs  de l’argent. Comme s’ils vivaient cette situation de mono-identité comme une frustration. On se souvient des propos de campagne anti-riches  du candidat-président.

Deux mondes se côtoient qui ne se comprennent pas. car ils ne sont pas du tout fondés sur les mêmes critères, les mêmes règles. Celui de l’économie dont la réussite se compte en millions et celui de la “méritocratie”,  de l’école, des concours fondé sur une lente ascension  et une éventuel petit ruban à la boutonnière en fin de carrière.

Les industriels aiment posséder des médias pour toiser le pouvoir de la contestation!
Tant qu’on ne mélange pas les genres, tout va à peu près bien. Quand on fait des mélanges, on peut s’attendre à des catastrophes car celui qui y parvient additionne deux types d’efficacité. C’est sans doute pourquoi tout le monde reconnaissait des qualités exceptionnelles de “ministre-manager” à Jérôme Cahuzac,ce “poids lourd du gouvernement.”.

En même temps, si on n’apporte pas plus  de diversité, comment demander à notre “classe” politique de comprendre l’entreprise et aux entreprises de saisir les complexités d’une société plurielle? Le précédent président ne comprenaient ni les profs ni les juges, l’actuel se demande bine comment rattraper ses bourdes vis à vis des entrepreneurs. Les démocratie d’experts ne satisfait pas non plus les peuples, comme le montre l’exemple italien.

Le mythe de Janus n’a pas fini de hanter les juges, eux qui tentent, eux-mêmes, assez souvent  de passer du pouvoir judiciaire au pouvoir politique.

 

“Je veux faire de ma vie un chef d’oeuvre!”. Le chocolatier et le mythologue.

« Je veux faire de ma vie un chef d’œuvre ! » disait un chocolatier.

En cette période de pâques, les journalistes interrogent les chocolatiers. Certains ont fait de leur métier un art car ils venaient déjà de la sculpture.  Le chocolatier fit donc cette profession de foi surprenante à la radio : faire de sa vie un chef d’œuvre.  Est-ce un espoir fou d’un sculpteur-chocolatier ? Ou une exigence commune à tous les humains ? Pour vous et pour moi ? Et comment on pourrait y arriver ?

Un chef d’œuvre ?

« Œuvre parfaite et très belle en son genre ». Mon vieux « Littré » ne se mouille pas. Il ne fait pas dans l’emphase à propos du mot chef d’œuvre qu’il complète ainsi :« ouvrage auquel un ouvrier met tous ses soins, toute son habileté pour s’en faire honneur ». On trouve sans doute, dans ce vieux dictionnaire tout le sens que voulait lui donner notre chocolatier. Tout mettre en œuvre pour être fier de sa vie. Le chocolatier-philosophe a donc bien compris que le chef d’œuvre absolu n’existe pas. Faire de sa vie une réussite a pour seul critère son propre jugement. Si on est content de ce qu’on réalise, tant mieux, même si un autre jugera votre vie sans grande valeur.
Ainsi en est-il de l’art où le jugement, à propose d’une œuvre, d’un artiste, est, finalement,  toujours personnel.

Réussir sa vie !

Mais dans le langage courant, « chef d’œuvre » et « réussite » se confondent.
Le mythe de la réussite se mêle souvent à la vanité du monde et aux critères dominant  du moment.  Cependant, le mot « réussite » a la même étymologie que le mot « issue ». Ce n’est qu’à la fin, qu’à l’issue de sa vie qu’on saura si on a réussi ou…échoué. Tout cela pour dire que « réussir sa vie » ne veut rien dire, tant qu’on n’a pas franchi la toute dernière ligne. Un chef d’œuvre est un point culminant dans la vie d’un artiste. Il fait référence à la fois à la chose unique, non reproductible et au passé. Si notre philosophe en chocolat voulait affirmer qu’il était fier de la statue qu’il a réalisée cette année, attendons l’an prochain pour la nommer « chef d’œuvre ». Ce sera sans doute encore meilleur !

Le vrai sens du mot chef d’œuvre. Chapeau le chocolatier !

Mais si notre chocolatier a suivi toutes ses « classes », jusqu’au compagnonnage, alors pour lui le mot chef d’œuvre a un tout autre sens. C’est celui qui lui a permis de devenir « compagnon » : « l’ouvrage requis d’un aspirant pour se faire recevoir « maître » dans le métier qu’il a choisi. »

Bravo ! Faire de sa vie un « chef d’œuvre » n’est plus du tout l’expression d’une arrogance médiatique mais la volonté de se montrer digne d’être humain, d’entrer dans le monde des hommes et des  femmes et le mériter au quotidien par ses actes.

Cela dit, le mythologue, ennemi de la démesure (la pire des maladies mentales chez les Grecs anciens), sait que la perfection est, peut-être l’affaire des dieux, mais pas vraiment celle du genre humain. Sachons rester modeste, même dans l’expression!

 

 

 

 

Un seul petit conseil au philosophe du chocolat.

On les aime bien tous ces cuisiniers, pâtissiers, chocolatiers…La langue de bois en chocolat est plus agréable à déguster que celle des économistes. Mais qu’ils n’en fassent pas trop tout de même, et se souviennent de ce bon mot de Jean jacques Rousseau à propos d’un de ces apprentis trop zélés : « Qu’il fasse toujours son chef d’œuvre et que jamais il ne passe maître ! »

Faire de sa vie un « chef d’œuvre » sera toujours un mythe pour celui qui le recherchera sans nuances.  Car la vie est une « via », une  « voie » un chemin. Les épisodes du trajet sont beaucoup plus intéressants que le « jugement final ». Même pour une sculpture de pâques en délicieux chocolat !

 

Le grand retour des “marques-courage”

Avec Coca-Cola qui va faire une campagne publicitaire sur les méfaits du sucre, après Mc Do qui vanta l’ ascenseur social des “Mac jobs” et récemment Findus qui dénonça lui-même un problème de traçabilité et de mensonge dans sa propre filière, on se doit de commencer à regarder les marques autrement.

On va pouvoir parler de “marques-courage” comme il y a des “femmes-courage” qui abandonnent tout par amour de leurs enfants, par amour d’un idéal, par volonté de survivre.
Car il s’agit bien de survie. Si Coca, la reine des “boissons sucrées” s’occupe de dénoncer le sucre, c’est que le temps du conso-citoyen arrive enfin. Avec retard certes mais comme pour les abus de certains  laboratoires, des cigarettiers,la prise de conscience arrive. En France,ailleurs,  en Chine où les compagnies de chemins de fer sont montrées du doigt et leurs ex-dirigeants emprisonnés. Partout.

C’est une démocratie d’opinion, celle des internautes,  qui fait bouger “la vraie” démocratie, celle du parlement, encore trop aveugle devant les déclarations de certains ministres. Une forme de démocratie chasse l’autre. Les internautes le savent depuis longtemps, ceux de la génération Y, les “digital natives”, et encore plus ceux de la génération Bovary, les “social digital natives”

l natives”On consomme les produits des marques au quotidien, on les voit, on les touche, on les entend. Leur discours nous est familier.  Le mensonge, encore trop présent dans d’autres sphères de la société n’est, donc,  plus de mise dans cette relation de confiance que constitue le capital d’une marque. Son premier atout, à dire vrai! Proximité et mensonge ne font pas bon ménage!

 

Non à la “brand culture”!

En dépit de l’amitié que je porte à Daniel Bô, je ne peux retenir son concept de “brand culture” dont il vient de faire un livre.

Que nous dit-il sur le rapport entre “brand content” et “brand culture”?

Le brand content correspond à la prise de conscience que les marques peuvent devenir des médias en élargissant leur discours au-delà du message commercial. Avec la brand culture, on élargit encore le regard sur la marque en s’intéressant à sa réalité multisensorielle faite d’objets, de techniques, de sons, d’implication physiologique en la considérant comme une réalité sociale partagée non exclusivement discursive.”   (Interview Influencia. 27 mars 2013.)

Le “brand content” , le “contenu de la marque” était, à mon avis, déjà tout cela. Des produits(ou services), des preuves tangibles (comparables) et intangibles (multi-sensorielles). Une marque rouge est une marque rouge. Ce n’est pas suffisant pour définir une “culture”.

Qu’est ce que la culture? Un ensemble de représentations qui permet à un groupe de se reconnaître (ou d’être reconnu)  comme l’expression d’une communauté distincte et particulière.Soit un ensemble d’aspects partagés et reconnaissables d’une communauté ou d’une civilisation.

Il y a culture quand il y a partage.

A part quelques “marques mythique” qui à un moment précis de leur cycle de vie (généralement au tout début) peuvent répondre à ce critère très identitaire, la plupart des “grandes marques” essayent, avec plus ou moins de succès, de donner du contenu à leur promesse. De là à parler de culture!

Même la communauté des Apple-maniaques , qui, il y a à peine deux ans, pouvait répondre à ce “critère culturel” de partage, presque jaloux, commence à s’émousser.Sans que son grand rival, Samsung ne soit encore parvenu à ce stade  “culturel”.

Restons modestes et contentons nous de faire de “bonnes marques”, qui vendent de bons produits avec une identité reconnaissable et juste ce qu’il faut de “surprise” régulière pour continuer de nous les faire l’aimer.

Ceux qui veulent “fabricoter” en un jour, un an, dix ans, ce qui a pris des millénaires pour être lentement maturé, ancré…et qu’on n’arrive, toujours pas, mille ans plus tard à définir, échoueront.

Toute outrance porte les germes de sa destruction.
Or, nos contemporains ont besoin des marques, souvent, les seules mythologies qu’ils ont su confectionner et conserver.

Et aussi, la réponse de Daniel Bô sur son blog 

 

 

Choc de simplification ou effort de simplicité?

Les mots veulent dire quelque chose et ne sont pas des formules “creuses”.  Les gens écoutent, comprennent et se situent par rapport à ces discours. On appelle cette science des mots et des tournures,  la sémiologie, la science des signes,  dont le mythologue Roland Barthes fut un éclaireur.

Le décodage des formules nous enseigne souvent plus sur l’intention et le résultat attendu que l’analyse des lois et des décrets dont elles sont à l’origine.

Depuis quelques temps, le public est “bombardé” par son élite politique et économique de “chocs”. Choc de compétitivité, choc de confiance (plutôt à droite) et désormais choc de simplification.

Le mot “choc” choque dans une démocratie.C’est “une rencontre violente d’un corps avec un autre…Avec en conséquence la victoire rapide d’un camp sur un autre.  ” Les ennemis furent renversés au premier choc” (écrit Littré) . Pour qu’il y ait choc, affrontement violent et issue rapide,  il faut  un ennemi bien identifié. Sinon, point d’espérance de victoire rapide.Comment remporter une victoire sur un ennemi introuvable?

Déjà les “chocs” de confiance, de compétitivité, s’attaquaient à des “moulins à vent” éparpillés, diffus et difficiles à identifier.

Mais le choc de simplification censé s’attaquer à la “complexification”, en simplifiant la complexité, bref à ce qui est compliqué semble un parfait oxymore.

S’attaquer au complexe, c’est s’attaquer à la société même, aux règles du vivre ensemble. C’est aussi se heurter à l’humain, ni simple à analyser et encore moins à “simplifier”. L’humain a peu de chromosomes mais  il  n’est pas simple et encore moins simpliste.

Si l’on veut rester simple, en politique et ailleurs, évitons les mots qui n’auront aucun après et échappons aux  jargons.

Un “effort de simplicité” eût été, à mon sens, une formule plus adaptée et  plus judicieuse. Plus simple en quelque  sorte!

Les mots veulent dire quelque chose et les cellules de communication -de l’Elysée des ministères ou des entreprises-dont c’est le métier-  devraient quelquefois s’en souvenir!

 

 

Trains bondés. La sncf ne manque pas d’humour et propose de travailler en décalé et…sans doute de déplacer Paris du centre à la périphérie.

Le mythe de la baguette magique n’a pas disparu! 

Jadis, devant la pollution déjà envahissante, Alphonse Allais, l’écrivain-humoriste, préconisait de “transporter les villes à la campagne. L’air est y set tellement plus pur!” disait-il.

Son style pamphlétaire aimait mettre en évidence des truismes souvent répétés à l’envie. La sncf est également pleine d’humour et de solutions de “bon sens”: Elle vient d’en donner une belle preuve en demandant aux entreprises et aux salariés de changer leurs horaires.Elle a simplement oublié que la société est une chaîne de dialogues et d’entraides. pour dialoguer, il faut être deux présents au même moment…

Le mythe de l’empreinte du farfelu est, en effet, “no limit”. On se souvient, dans ce style un tantinet ubuesque, de Christine Lagarde préconisant aux citoyens d’aller travailler  en vélo lorsque l’essence augmentait trop!

C’est à vouloir résoudre l’écume  des problèmes sans s’attaquer aux racines du problème que les hommes ont inventé des solutions dites  “hybrides” (inopérantes en langage clair)  : des tomates sans goût mais qui ne pourrissent jamais, des autolibs sans confort, des RER bondés, des métro qui s’arrêtent vingt fois avant la fin du trajet, des tramways vides et lents, des voitures avec un seul passager,…

Les solutions inventés par des enfants de cinq ans, sous forme de “pourquoi?”  font souvent de bons poèmes, souvent même un bon storytelling mais rarement des solutions aux problèmes complexes.

La baguette magique fait rêver. Elle a enrichit JK. Rowling mais elle se cache bien souvent quand les questions sont si compliquées que même les ingénieurs de la sncf ne les ont pas résolues!